Page principale | English | Page d'acceuil du RCSF 
   Volume 1 Numéro 1 Automne 2000

Table des matières/

Télécharger la version en format PDF
(300 KB, 23 Pages)


La santé de la population

Les services de santé

La réforme des soins de santé

Les femmes de différentes communautés

 

 

 

En matière de santé, le sexe fait-il une différence?


De nouvelles recherches fort intéressantes, menées par les cinq Centres canadiens d’excellence pour la santé des femmes, se penchent sur cette question importante et digne de réflexion. Les Centres, qui sont financés par Santé Canada et qui ont pour mandat d’étudier les déterminants sociaux de la santé, commencent à rassembler des données importantes qui serviront à la recherche, à l’élaboration de politiques et à la prestation de services de santé aux femmes, en plus d’être utiles aux femmes ellesmêmes. Dans ce tout premier numéro du Bulletin de recherche, nous vous présentons un certain nombre de résumés d’études, dont certaines sont achevées et d’autres en cours. Elles représentent toute la gamme – des études de portée restreinte sur les expériences de femmes en matière de soins informels, jusqu’aux analyses d’envergure de données administratives recueillies par les ministères de la santé de plusieurs provinces. Ces projets font ressortir une grande variété de méthodes et d’orientations, qu’il s’agisse de discussions qualitatives sur les obstacles auxquels les adolescentes sont confrontées lorsqu’elles tentent d’obtenir des renseignements sur la santé sexuelle ou d’évaluations de l’état de santé de la population fondées sur des enquêtes pancanadiennes. Ces données commencent déjà à combler les lacunes dans nos connaissances sur les déterminants sociaux de la santé, y compris le rôle que jouent les politiques sur la santé, et les rapports entre ces déterminants et le sexe.

Les études sont regroupées en quatre catégories. Il y a d’abord les études où l’analyse critique s’articule autour du sexe. Ces recherches démontrent que le sexe sert en quelque sorte de lentille permettant de discerner les tendances en matière de santé des populations et de remettre en question la justesse de nos hypothèses sur les similarités et les différences entre la santé des femmes et la santé des hommes. Les femmes sont-elles plus souvent malades que les hommes au cours de leur vie? Comment le travail rémunéré et le travail bénévole se répercutent-ils sur la santé des femmes et des hommes?

Jusqu’à présent, l’hypothèse reconnue voulait que le travail rémunéré soit le principal facteur intervenant sur la santé des hommes, tandis que le travail non rémunéré serait de première importance pour la santé des femmes. Or, des chercheuses et des chercheurs soutiennent désormais qu’il faut évaluer l’incidence des deux types de travail sur la santé des femmes et des hommes.

Deux études, Health Care Utilization And Gender: A Pilot Study Using the BC Linked Health Data et le National Gender Economic Costing Group, examinent les services de santé en se fondant sur le sexe des consommateurs pour déceler les tendances. Dans les deux cas, les chercheuses et les chercheurs ont élaboré des méthodes novatrices pour documenter l’utilisation des services de santé, méthodes qui tiennent compte des rôles sociaux, des antécédents et de la situation financière des hommes et des femmes, qui font que leurs expériences au sein du réseau de la santé et leurs maladies sont différentes et, en fait, que les différences sont fonction du sexe. Ces deux rapports intéresseront les décisionnaires qui se préoccupent de l’utilisation efficace des ressources en santé.

Deux études sur la réforme des soins de santé traitent des soins à domicile; l’une du point de vue des bénéficiaires, l’autre de l’optique des prestataires de soins bénévoles. Toutes deux démontrent que les familles et les patients et patientes qui ont besoin de soins à domicile ou qui en reçoivent font face à d’énormes défis physiques, psychologiques et financiers. En contraste, l’étude intitulée Invisible Women, examine une autre facette de la réforme des soins de santé, soit la planification des services de santé par les autorités régionales de la Saskatchewan et du Manitoba. Il en ressort que ces organismes régionaux manquent d’expérience et d’expertise technique pour pouvoir incorporer à leurs plans de santé et à leurs évaluations de besoins, les questions liées à la santé des femmes.

Enfin, le dernier groupe d’études porte sur la diversité des communautés de femmes. Ces quatre rapports mettent en lumière les expériences de femmes qui souffrent de problèmes de santé mentale, de même que celles d’immigrantes et de réfugiées, d’adolescentes et de femmes vivant dans des régions rurales et éloignées. Chacune de ces études conclut que le fait d’être femme exacerbe les difficultés qu’engendre la maladie.

Un fait se dégage de toutes ces études : en matière de santé, le sexe fait une différence. Bien que dans certains cas la différence de sexe ne fasse aucune différence, dans d’autres, la différence de sexe fait toute la différence. Il nous incombe, en tant que décisionnaires, chercheuses et chercheurs et prestataires de soins, de savoir distinguer ces situations afin de nous assurer que nos réseaux de santé y réagissent convenablement, et que nous soyons mieux en mesure d’améliorer la santé de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens.

Ann Pederson
Directrice des politiques et de la recherche
Centre d’excellence pour la santé des femmes –
région de la Colombie-Britannique
apederson@cw.bc.ca



Dernière mise à jour