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   Volume 1 Numéro 1 Automne 2000

Table des matières/

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La santé de la population

Les services de santé

La réforme des soins de santé

Les femmes de différentes communautés

 

 

 

Mieux comprendre l’expérience des jeunes femmes d’une localité de la Nouvelle-Écosse qui cherchent des services de santé et d’éducation sexuelles

Don Langille, Janice Graham et Emily Marshall, études multidisciplinaires, University of British Columbia, Dalhousie University, Melissa Blake, Christina Chitty et Heather Doncaster-Scott, Amherst Association for Healthy Adolescent Sexuality

 

Cette étude vise à mieux comprendre les facteurs qui empêchent les jeunes femmes d’avoir accès, à l’école, aux programmes d’éducation sexuelle les plus efficaces et à des services connexes offerts au cabinet du médecin ou à la pharmacie. Le présent rapport, qui se fonde sur l’enquête effectuée dans le cadre d’un projet local, la Amherst Initiative for Healthy Adolescent Sexuality, décrit les tentatives de jeunes femmes de Amherst (Nouvelle-Écosse) en vue d’obtenir de l’information en matière de santé sexuelle, puis, fortes de ces connaissances, d’agir.

L’étude est le fruit de la collaboration entre des membres du Department of Community Health and Epidemiology de la Dalhousie University et de l’Amherst Association for Healthy Adolescent Sexuality (AAHAS), un organisme à but non lucratif qui a pour mandat d’employer les ressources communautaires existantes afin d’améliorer et de protéger la santé sexuelle des jeunes hommes et femmes de Amherst. Les jeunes femmes qui ont participé aux interviews en profondeur constituaient un échantillon représentatif de la diversité de Amherst. Ces interviews portaient sur leurs impressions des programmes d’éducation sexuelle offerts à l’école, plus particulièrement sur le cours Personal Development and Relationships (de la 7e à la 9e année). On a également demandé aux participantes de décrire comment leur médecin abordait la question de la santé sexuelle (les renseignements fournis; la prescription de contraceptifs oraux, etc.). En dernier lieu, les participantes ont parlé de leur expérience à la pharmacie pour obtenir des condoms et des contraceptifs oraux. Puis, nous avons effectué l’analyse qualitative des données extraites des interviews, ce qui nous a permis de mieux comprendre comment les situations vécues par les participantes en matière d’éducation sexuelle et de services en santé sexuelle créent elles-mêmes des obstacles à l’emploi le plus efficace des ressources communautaires.

En ce qui a trait à l’éducation sexuelle, il y a trois catégories d’obstacles :

  1. Les programmes scolaires d’éducation sexuelle – (programme répétitif et ennuyeux; fait d’éluder certains sujets; en contradiction avec les leçons apprises à la maison et à l’église; cours ne sont pas donnés au moment opportun; scepticisme manifesté par l’école à l’égard de ces programmes);

  2. Les enseignantes et enseignants – (les étudiantes croient que leurs professeurs ont des valeurs différentes des leurs et qu’ils portent des jugements; qu’ils utilisent des exemples inappropriés tirés de leur vie personnelle en classe; que certains sujets les mettent mal à l’aise; et que, dans certains cas, leurs connaissances en santé sexuelle sont insuffisantes);

  3. Les étudiantes et étudiants – (la dynamique hommefemme dans les classes d’éducation sexuelle; le fait de ne pas considérer les professeurs et les orienteurs comme des personnes-ressources en matière de santé sexuelle).

Voici quelques-uns des principaux messages formulés par les participantes à l’intention des responsables des politiques sur l’éducation et des enseignantes et enseignants :

  1. Les cours d’éducation sexuelle devraient être plus difficiles; les professeurs devraient donner des devoirs plus ambitieux et des examens plus appropriés;

  2. Il faudrait instaurer, au sein de l’école, un climat d’apprentissage plus accueillant pour les femmes, les jeunes gays et lesbiennes, ainsi que pour les élèves de toutes les confessions religieuses;

  3. Il devrait y avoir plus de continuité entre les sujets et les méthodes d’enseignement dans les différents cours d’éducation sexuelle;

  4. Il faudrait trouver des moyens de rendre les programmes d’éducation sexuelle plus crédibles;

  5. Les professeurs devraient évaluer les besoins des élèves au début de l’année scolaire; ceci leur permettrait de rendre leurs cours plus pertinents;

  6. Les professeurs devraient suivre des méthodes pédagogiques qui permettent aux élèves d’explorer ce qu’ils peuvent ressentir dans différentes situations et comment réagir dans ces cas-là.

En ce qui a trait aux services offerts par les médecins, les participantes ont eu des difficultés à y recourir et à en tirer quelque bienfait :

  1. Soutien et communication avec le médecin – manque de confiance dans la relation médecin-patiente; difficultés liées à l’âge et au sexe (souvent masculin) du médecin; le fait que le médecin ait peu de temps pour discuter de santé sexuelle; la réticence du médecin à parler de sexualité;

  2. Besoin de soutien afin de pouvoir s’occuper de leur santé sexuelle en toute confiance – besoin d’un soutien neutre en matière de santé sexuelle; besoin d’avoir une relation confidentielle avec leur médecin et ignorance de leur droit à la confidentialité; peur du test de Papanicolaou;

  3. Disponibilité des médecins – obtenir des services médicaux à Amherst; les effets de la présence des parents durant la consultation.

Voici les principaux messages à l’intention des responsables des politiques et des médecins concernant les services offerts par ces derniers :

  1. Les médecins devraient présenter la sexualité aux jeunes filles comme suit, par exemple : « Tu es à l’âge où certaines personnes choisissent d’avoir une vie sexuelle active. Si tu veux, nous pourrions discuter des choix en matière d’activité sexuelle ou de contraception. »;

  2. Les médecins devraient expliquer clairement aux jeunes filles que les conversations et les examens sont confidentiels et qu’ils n’en parleront à personne d’autre, même pas aux parents... et même s’ils le demandent;

  3. Les médecins devraient expliquer à l’avance en quoi consiste le test de Papanicolaou et, au début du moins, ne pas en faire une condition pour prescrire des contraceptifs oraux;

  4. Il faudrait trouver des moyens de faciliter l’accès des jeunes filles aux services des médecins de famille afin qu’elles puissent se confier à eux et le faire en toute confidence.

En ce qui a trait aux services à la pharmacie, les participantes ont déclaré :

    Avoir rencontré des obstacles personnels qui interagissaient avec les obstacles propres aux pharmacies – le prix des condoms et des contraceptifs oraux; la gêne ressentie à l’achat de condoms en public.

Pour éliminer les obstacles à la pharmacie, les participantes font les recommandations suivantes :

  1. Présenter et vendre les condoms dans un endroit réservé ou retiré de la pharmacie afin que les jeunes filles puissent se les procurer de façon confidentielle;

  2. Enseigner aux caissières et aux caissiers des pharmacies à ne pas juger (ou en avoir l’air) les jeunes qui achètent des condoms;

  3. Donner les contraceptifs oraux aux jeunes femmes qui n’ont pas les moyens de les acheter; distribuer gratuitement des condoms dans les centres de santé pour adolescents.


Pour de plus amples renseignements :
Centre d’excellence pour la santé des femmes –
région de l’Atlantique

C.P. 3070  Halifax (Nouvelle-Écosse)   Canada B3J 3G9
Tél. : (902) 420-6725  Téléc. : (902) 420-6752
Numéro sans frais : 1 888 658-1112
Site Web : www.medicine.dal.ca/acewh
Courrier éléctronique : acewh@dal.ca



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