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Télécharger la version en format PDF (300 KB, 23 Pages) La santé de la population Les services de santé La réforme des soins de santé Les femmes de différentes communautés
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Le sexe, le travail et la santé : une analyse de l’Enquête nationale sur la santé de la population (1994)[1] Peggy McDonough, département de sociologie, Université York, et Vivienne Walters, Department of Sociology, McMaster University.
Le présent rapport fait état de notre analyse des données issues de l’Enquête nationale sur la santé de la population de 1994. Ces données ont servi à l’étude de deux grandes questions :
L’Enquête est une étude longitudinale d’un échantillon représentatif de membres de ménages partout au Canada. De l’information limitée a été recueillie auprès de chacun des membres d’un peu plus de 20 000 ménages. En outre, un membre de chaque ménage, âgé de 12 ans ou plus, a participé à un entretien en profondeur. Notre analyse porte sur les données recueillies auprès d’un échantillon de 16 989 personnes âgées de 15 ans à plus de 80 ans. 1. Y a-t-il des différences entre la santé des femmes et la santé des hommes? D’après nos recherches, les femmes et les hommes connaissent des problèmes semblables, bien que la nature de ces problèmes évolue avec l’âge. Ainsi, les blessures et les allergies à des substances autres que la nourriture sont plus répandues parmi les jeunes personnes, alors que les cas d’arthrite, de rhumatisme et de troubles du dos augmentent chez les personnes d’âge mûr, tandis que l’hypertension, les troubles cardiaques et les cataractes se manifestent surtout chez les personnes âgées. À l’aide de quatre indices généraux de santé et de plusieurs indices spécifiques de santé mentale et physique, nous avons analysé la magnitude des différences entre les sexes. Les résultats de l’analyse ne démontrent pas clairement que les femmes sont plus malades que les hommes. Le modèle varie en fonction de la situation et de l’âge, ce qui confirme l’argument de Macintyre, Hunt et Sweeting (1996)[2], selon lequel il faut explorer plus avant la nature des différences entre les sexes plutôt que de continuer d’accepter l’hypothèse admise voulant que les femmes soient plus malades que les hommes, même si leur espérance de vie est plus longue. En fait, à plusieurs stades de la vie, l’état de santé des femmes et celui des hommes sont plus similaires que nous ne l’avions présumé, quoiqu’il faille se garder de minimiser les différences. 2. Dans quelle mesure les conditions de travail rémunéré et non rémunéré ainsi que les ressources sociales, personnelles et matérielles se répercutent-elles sur la santé des femmes et des hommes ? En règle générale, les recherches ont porté sur deux hypothèses. Il y a d’abord l’hypothèse de l’exposition différentielle, selon laquelle les femmes font plus souvent état de maladies que ne le font les hommes, parce que leurs rôles sociaux leur imposent davantage d’exigences et d’obligations, mais qu’elles ont moins de ressources pour les aider à composer avec ces situations. Ensuite, l’hypothèse de la vulnérabilité différentielle, qui renvoie à la plus grande réactivité ou sensibilité des femmes aux événements de la vie et aux tensions permanentes, qui se produisent tout aussi souvent dans la vie des hommes. On prétend que les différentes réactions des femmes tiennent au fait que leurs rôles sociaux et leurs ressources d’adaptation sont défavorisés, ce qui influe sur la nature et la signification des facteurs d’agression, et, finalement, sur les effets qu’ont ces facteurs sur la santé. Autrement dit, les liens entre les rôles sociaux et les ressources liés à la santé sont différents chez les hommes et chez les femmes. Nous avons tenu compte de ces deux optiques afin de comprendre les différences observées entre la santé des hommes et la santé des femmes. L’analyse de la distribution des conditions de travail rémunéré, de la situation domestique et des ressources fait ressortir des différences mineures entre les hommes et les femmes. Un plus grand nombre de femmes que d’hommes ont déjà été mariées, un plus petit nombre d’entre elles font partie de la population active, et elles sont plus nombreuses à occuper un emploi à temps partiel. Elles sont aussi plus touchées que les hommes par les tensions au travail. Étant donné les différences relativement petites en matière d’exposition à ces facteurs, il est peu étonnant que ces derniers n’interviennent guère – exception faite de la douleur – dans les différences entre la santé des femmes et la santé des hommes. À quelques exceptions près, nous n’avons trouvé guère de preuves indiquant que les expériences de travail rémunéré et les structures de ménage comparables se répercutent davantage sur la santé des femmes que sur celle des hommes. Autrement dit, le travail rémunéré et la structure du ménage ne se traduisent pas par une plus grande vulnérabilité en matière de santé chez les femmes. Par ailleurs, nous n’avons trouvé que des preuves limitées comme quoi les ressources matérielles, sociales et psychologiques interviendraient dans la création de liens entre la situation professionnelle et la santé, liens qui diffèrent selon le sexe. En résumé, les différences entre les sexes sont moins prononcées qu’on ne le présume généralement, et le travail rémunéré, la structure du ménage et les ressources sociales, personnelles et matérielles ont une incidence limitée sur les différences qui existent entre l’état de santé des hommes et celui des femmes. Il se pourrait que l’évolution des rôles des femmes et des hommes ait entraîné le rétrécissement de l’écart entre leurs problèmes de santé, ce qui expliquerait les différences variables que nous avons observées entre l’état de santé des deux sexes. Il sera toutefois impossible de vérifier cette hypothèse avant que des études longitudinales sur la santé n’apportent plus de renseignements sur l’évolution des rôles des deux sexes. L’absence de preuves pour étayer notre explication pourrait découler, en partie, des types de mesures que fournissaient les données de l’Enquête. En effet, malgré l’information détaillée qu’on y trouve sur les aspects du travail rémunéré, ces données ne nous éclairent guère, malheureusement, sur le ménage en tant que tel. Ainsi, il n’y a aucune donnée sur la répartition des tâches au sein du ménage, ni sur le temps qu’on y consacre au travaux ménagers, au soin des enfants, au soin d’adultes à charge et aux autres responsabilités du ménage. À cet égard, l’Enquête semble passer sous silence certains aspects importants de la vie des femmes. Même si nous disposions de mesures plus fouillées et puissantes qui permettraient d’explorer plus en détail les déterminants des différences entre les sexes en matière de santé, il serait peut-être difficile de cerner l’effet qu’a le sexe sur la santé. Le sexe influe sur tous les aspects des relations sociales et des institutions sociales; chercher à isoler ce facteur des conditions sociales et matérielles de la vie des hommes et des femmes que nous étudions afin de comprendre les différences entre les sexes serait peut-être une tâche insurmontable. Or, cela ne devrait pas pour autant nous en dissuader. Il importe de continuer de chercher à comprendre les liens entre le sexe et la santé, et de puiser aussi bien à même des données quantitatives que qualitatives afin d’approfondir notre compréhension de la vie des hommes et des femmes. Les recherches devraient être axées non seulement sur le sexe, mais aussi sur la santé des femmes. Certes, il importe de poursuivre nos recherches sur la nature et la source des différences entre la santé des femmes et celle des hommes, mais il est tout aussi essentiel de se concentrer sur la santé des femmes. « La santé des femmes » ne se limite pas aux fonctions de reproduction ou aux aspects psychosociaux. Les études sur la santé des femmes doivent inclure une plus large gamme de problèmes (l’arthrite, par exemple) et doivent reconnaître que ceux-ci varient au cours de la vie. Par ailleurs, comme les établissements de collecte de données ont passé sous silence la réalité de la vie des femmes, le fait de mettre l’accent sur les femmes pourrait faire ressortir ce parti pris établi. La pénurie de preuves des différences entre les sexes en matière de santé n’implique pas que les inégalités entre les hommes et les femmes ne sont pas problématiques. Bien qu’il soit important de recenser et d’expliquer les différences en matière de santé, la maladie ne devrait pas être le seul facteur servant à démontrer que les femmes sont défavorisées socialement. Pour de plus amples renseignements : NOTES |
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