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   Volume 1 Numéro 1 Automne 2000

Table des matières/

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La santé de la population

Les services de santé

La réforme des soins de santé

Les femmes de différentes communautés

 

 

 

Établissement des coûts : étude nationale fondée sur les sexes

Lorraine Greaves and Olena Hankivsky, Centre d’excellence pour la santé des femmes – région de la Colombie-Britannique

 

Ce projet de recherche interdisciplinaire est dirigé par Lorraine Greaves et regroupe des chercheuses et des chercheurs spécialisés en droit, en économie, en science politique, en sociologie et en élaboration de politiques. L’équipe élabore un modèle et une méthodologie pour l’établissement des coûts, en fonction du sexe, de diverses maladies, de divers troubles et d’expériences qui sont liées spécifiquement à la santé des femmes. Un nombre considérable de recherches ont été effectuées sur le coût de diverses maladies et de divers problèmes sociaux, dont la toxicomanie, le tabagisme, les blessures par arme à feu, le sida, la schizophrénie, les maladies cardiovasculaires et la violence faite aux femmes. Il n’existe pas, toutefois, de méthode d’établissement des coûts fondée sur les sexes.

Par conséquent, il se peut que bon nombre des coûts engagés par ou pour les femmes ne soient pas calculés correctement. Par exemple, il se peut que les coûts associés aux soins à domicile, qui peuvent découler d’un congé d’hôpital précoce, de la désinstitutionnalisation ou d’autres aspects de la réforme des soins de santé, soient assumés de façon disproportionnée par les femmes. Ainsi, pour être complet, l’établissement du coût des soins à domicile devrait inclure non seulement le coût du travail non rémunéré qu’effectuent les femmes qui prodiguent les soins à domicile, mais aussi les coûts indirects des conséquences à court terme et à long terme. Par exemple : interruption du travail rémunéré, carrière écourtée, coûts de déménagement, perte du régime de retraite ou d’autres avantages sociaux. Parmi les autres catégories de coûts, citons les coûts en services de santé reliés aux blessures, au stress ou à la dépression. En général, les modèles d’établissement des coûts ne tiennent pas compte de ces coûts qu’assument une personne ou une famille. Il convient d’évaluer ces facteurs en fonction du sexe des personnes.

Cette étude est fondée sur des recherches antérieures visant à établir les coûts de la violence faite aux femmes et aux enfants pour le réseau de la santé, ainsi qu’à d’autres secteurs de la société, y compris les particuliers, les prestataires de services et les tierces parties, tels les employeurs et les assureurs. La présente étude se concentre sur les aspects méthodologiques de l’établissement de coûts, dans l’espoir de rendre ces recherches plus complètes et plus sensibles aux différences entre les sexes. L’établissement des coûts soulève des débats d’ordre méthodologique; aussi peut-on adopter diverses démarches. Ainsi, l’étude met en lumière des méthodes et des démarches qui tiennent compte des expériences des femmes et qui recensent adéquatement tous les coûts, qu’ils soient directs ou indirects, ponctuels ou durables, associés à certains problèmes de santé des femmes, aux services que ces dernières utilisent et à leur situation. Exception faite de l’établissement des coûts reliés à la violence faite aux femmes, aucune analyse de ce genre faisant état des différences entre les sexes n’a été effectuée au Canada.

Deuxièmement, l’étude portera sur les enjeux moraux de l’établissement des coûts et de l’usage fait des résultats de telles études pour l’analyse et l’élaboration de politiques. Car, si l’analyse et l’élaboration de politiques sont fondées sur des études d’établissement des coûts qui ne tiennent pas compte des différences entre les sexes, cela risque d’entraîner des hypothèses erronées, des erreurs coûteuses, des services inadéquats ou incomplets et des conséquences imprévues. Par exemple, les régimes d’assurance-médicaments qui ne sont pas fondés sur une étude des sommes que les gens dépensent pour l’achat de remèdes alternatifs, et des différences dans ce domaine selon le sexe et la culture, sont incomplets.

Par ailleurs, les mesures de réforme de la santé qui sont axées sur la réduction des dépenses des hôpitaux ou de l’utilisation du réseau de la santé, mais qui ne tiennent pas compte des coûts qu’entraîne cette réforme risquent d’être très coûteuses pour les particuliers et les familles. Est également incomplète toute politique sur les soins à domicile qui contourne l’influence de facteurs reliés au sexe et à la situation financière des personnes en cause. Le recensement et l’évaluation de ces coûts ajoutera une dimension essentielle, mais trop souvent absente, à l’élaboration de politiques. Ainsi, le groupe espère, par le biais de cette étude et de son programme d’activités, mettre ces éléments en relief et contribuer à l’amélioration des politiques.

Deux documents de recherche sur les enjeux méthodologiques et moraux d’un tel modèle seront rédigés en 2000. L’année suivante, en collaboration avec d’autres Centres d’excellence et d’autres partenaires, le groupe appliquera son modèle à plusieurs études de cas sur la santé des femmes ou sur les services qui leur sont offerts. Ces études porteront, entre autres, sur le coût de la prestation de soins à domicile, des thérapies alternatives ou des services de sages-femmes. Entre-temps, des membres du groupe poursuivront l’établissement des coûts reliés à d’autres domaines importants, dont la violence faite aux enfants et aux personnes âgées.

Le Centre d’excellence pour la santé des femmes de la Colombie-Britannique mène aussi un autre projet connexe. L’étude des coûts de la violence sexuelle à l’égard des enfants est dirigée par Olena Hankivsky et produira une estimation préliminaire, à l’échelle pancanadienne, des coûts directs et indirects que l’on peut attribuer à la violence sexuelle à l’égard des enfants. L’estimation des coûts directs se fait au moyen des dépenses dans quatre domaines de politiques et de programmation : la santé, les services sociaux et publics, la justice, l’éducation et la recherche, de même que l’emploi. L’estimation des coûts indirects est fondée sur les données concernant la morbidité et la mortalité recueillies par le biais de diverses enquêtes pancanadiennes et provinciales.

L’étude touche directement la santé des femmes, puisqu’elle fait ressortir les coûts directs et indirects aux particuliers. Les effets à long terme de la violence sexuelle sur les adultes qui en ont été victimes durant leur enfance (dont bon nombre sont des femmes) incluent la toxicomanie, le syndrome de stress post-traumatique, la maladie mentale (surtout la dépression) et les maladies transmises sexuellement. En outre, les coûts reliés à l’emploi touchent aussi bien les survivants adultes que les employeurs, souvent durant une période prolongée.

Cette étude est aussi fondée sur des recherches effectuées précédemment par Greaves et Hankivsky sur les coûts de la violence faite aux femmes et aux enfants. Établir le coût de la violence sexuelle à l’égard des enfants comporte de nombreux avantages, dont le fait d’élargir notre connaissance sur les effets mentaux et physiques de ce fléau, ainsi que d’en découvrir les coûts financiers pour les gouvernements, les organismes, les services et les particuliers.

Cette étude bénéficie du soutien de l’Initiative de lutte contre la violence familiale de Santé Canada. Le National Economic Gender Costing Group a reçu un financement de trois ans du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Pour de plus amples renseignements :
Le Centre d’excellence pour la santé des femmes – région de la Colombie-Britannique,
BC Women Hospital and Health Centre
E311 – 4500 rue Oak,
Vancouver (Colombie-Britannique) Canada V6H 3N1
Tél. : (604) 875-2633  Téléc. : (604) 875-3716
Site Web : www.bccewh.bc.ca
Courrier éléctronique : bccewh@bccewh.bc.ca



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