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   Volume 1 Numéro 2 Hiver 2001

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La réforme des soins de santé

Au service de la diversité

Aidants naturels non rémunérés

Profession de sage-femme

 

 

 

Que veulent les femmes?


Le deuxième numéro du Bulletin de recherche met l’accent sur la prestation des services de santé. Les études décrites dans le présent numéro nous donnent un aperçu des attentes des femmes à l’égard du système de santé dans leur rôle d’aidantes naturelles, d’utilisatrices du système de santé et de décideuses. Même si cette série d’articles ne constitue pas une évaluation approfondie de ces questions, elle établit clairement que les femmes désirent que le système de santé offre des soins de haute qualité adaptés à leurs besoins et qu’il tienne compte de leurs priorités, de leurs besoins et de leurs préférences.

Dans ce numéro, on décrit des efforts déployés pour rendre le système de santé canadien plus efficace et plus approprié à l’égard des femmes. Certains articles portent sur des innovations particulières en matière de prestation de soins—l’implantation des services de sages-femmes, la création d’installations spécialisées en fonction de certains groupes ethnoculturels en vue de combler une lacune en matière de services—tandis que d’autres portent sur certains changements que les femmes estiment nécessaires afin de changer le système dans son ensemble pour qu’il réponde mieux à leurs besoins. La recension des expériences des femmes constitue un intrant important pour concevoir un système plus efficace.

Le numéro traite d’abord d’un rapport sur une série d’études commandées par le Groupe national de coordination sur la réforme du système de santé et les femmes qui ont examiné les faits sur les répercussions de la privatisation sur les femmes. Bien que peu de recherches aient étudié les effets différentiels de la réforme des soins de santé sur les hommes et sur les femmes, ces études semblent indiquer que la privatisation touche davantage les femmes que les hommes et d’une façon différente en raison de leur lien particulier au système de santé. Par exemple, étant donné que les femmes assurent la prestation de la majorité des soins non rémunérés dans la famille, elles sont plus susceptibles d’être touchées par la désassurance des services, le transfert des services d’un fournisseur de soins à un autre ou par les limites d’accès au service de relève.

Par ailleurs, comme les femmes utilisent davantage les services de santé, tant pour elles-mêmes qu’au nom des membres de leur famille, elles sont plus touchées par l’imposition de frais d’utilisation, le transfert des soins à la collectivité, les fermetures de lits, les conflits de travail et les changements technologiques. Bien que les effets ne suivent pas tous le même modèle dans l’ensemble du pays, les femmes dans toutes les parties du pays ressentent les effets de ces changements. Que les effets soient positifs ou négatifs sur les femmes, la recherche qui se penche sur la question de la privatisation doit tenir compte des sexes.

Deux rapports, « Marginalized Voices from Vancouver’s Downtown Eastside: Aboriginal Women Speak About Their Health Care Experiences » (voies marginalisées dans la partie est du centre-ville de Vancouver : des femmes autochtones parlent de leurs expériences en matière de soins de santé) et « An Exploration of Women-Centred Care in the Context of Cervical Cancer Screening in Ethnocultural Groups » (examen des soins axés sur la femme dans le contexte du dépistage du cancer du col utérin chez les groupes ethnoculturels), examinent la prestation de services spécialisés destinés aux femmes de groupes ethnoculturels du point de vue des femmes de ces groupes qui utilisent ces services aux fins de prévention des maladies et de soins généraux. Les efforts déployés pour créer et fournir de tels services spécialisés n’ont pas toujours été couronnés de succès; ces études donnent un aperçu des raisons des échecs et proposent des façons d’accroître les chances de succès. Ainsi, on considérait que les services de dépistage du cancer du col utérin, par exemple, étaient un succès lorsque le dépistage était effectué par des praticiennes qui s’exprimaient de façon appropriée, qui étaient sensibles à la culture et qui étaient disponibles pour répondre à d’autres préoccupations au sujet de la santé. De plus, les femmes autochtones souhaitaient voir davantage de femmes autochtones au sein du personnel et des structures décisionnelles des cliniques. Ces études soulèvent la question à savoir si le système de santé doit élaborer certains services communautaires particuliers ou si les ingrédients qui assurent le succès de ces services peuvent être plus couramment disponibles pour toutes les utilisatrices et tous les utilisateurs dans tous les services de santé.

Deux autres études sur les services de santé examinent le soutien requis par les aidants naturels dont la majorité sont des femmes. Bien que l’étude effectuée auprès de personnes vivant en milieu rural en Nouvelle-Écosse décrive les besoins d’aide déclarés par les aidants naturels, celle du Québec décrit une expérience dans laquelle des aidants naturels ont été appuyés par l’un des centres communautaires locaux de Montréal. L’une des recommandations novatrices émanant de l’étude menée au Québec proposait d’effectuer un suivi auprès des aidants naturels et de les étudier à titre de clients. Une telle tenue de dossiers attire l’attention explicite sur la personne soignante comme étant une personne qui a besoin d’appui, de reconnaissance en plus de la personne soignée, mais séparément de cette dernière.

Les deux derniers rapports dans le présent numéro du Bulletin de recherche portent sur des études sur les services de sages-femmes. La première étude décrit une série d’études sur la mise en oeuvre de la profession de sage-femme en tant que nouvelle profession dans le domaine de la santé en Colombie-Britannique. Pour sa part, la deuxième étude présente un aperçu des expériences de femmes résidant en Saskatchewan et au Manitoba et qui ont reçu des soins de sages-femmes. L’étude de cas menée en Colombie- Britannique démontre certains défis internes et externes auxquels la profession de sage-femme doit faire face à son entrée dans le domaine des professions réglementées. L’idéal serait que les leçons apprises en Colombie-Britannique aident des instances telles que la Saskatchewan et le Manitoba au moment où ces provinces s’apprêtent à mettre en œuvre leur propre programme de sages-femmes.

Alors, que veulent donc les femmes? Ces études récentes commencent à révéler au moins une partie de la réponse. En fait, les femmes désirent avoir accès à des soins de haute qualité. Nous voulons des services de prévention des maladies sécuritaires et que nous comprenons. Nous désirons des services souples et individualisés. Nous voulons des solutions de rechange pour les soins périnatals et l’accouchement. Nous voulons être reconnues pour l’incidence des soins que nous donnons aux autres et nous désirons obtenir du soutien pour prodiguer ces soins. De plus, nous voulons participer aux décisions concernant nous-mêmes, notre famille et nos collectivités.

Ann Pederson
Assistante à la recherche et aux politiques
Centre d’excellence pour la santé des femmes –
région de la Colombie-Britannique
apederson@cw.bc.ca



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