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Télécharger la version en format PDF (437 KB 18 pages) La redéfinition de lélaboration des politiques Passer à laction pour influencer les politiques Politiques pour femmes en milieu rural
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Politiques ascendantes : les services ruraux pour les femmes ayant survécu à la violence Diane J. Forsdick Martz, directrice du Centre for Rural Studies and Enrichment du St. Peters College et Deborah Bryson Sarauer, thérapeute en santé mentale au Central Plains Health District, en Saskatchewan
Une femme victime dabus vivant dans une ferme qui na pas de véhicule ni dargent pour prendre lautobus naura pas vraiment loccasion de se rendre en ville pour son rendez-vous en counselling ou daller demeurer dans un refuge urbain surpeuplé. À Humboldt et dans les environs, où nous avons procédé à létude de recherche intitulée La violence domestique et lexpérience des femmes en milieu rural dans le Centre–Est de la Saskatchewan (2000), le seul refuge avec du personnel compétent se trouve à plus de 100 km et un travailleur pour la protection des familles ne vient que lorsquon fait des rapports et que les appels à la GRC en dehors des heures de bureau et les fins de semaine sont acheminés à Regina. Jusquà ce que létude soit effectuée, les Services de santé mentale, le point focal des services pour les femmes ayant survécu à la violence dans la région, se servaient de protocoles de dépistage afin de diagnostiquer des symptômes comme la dépression ou lanxiété, plutôt que de faire enquête sur les causes sous–jacentes de leur détresse comme la violence. Les 19 femmes vivant en milieu rural qui ont participé à létude ont indiqué quelles sont demeurées avec des hommes abusifs pendant des années et que leur décision de rester avec cet homme abusif avait été influencée par le manque dinformation sur labus et par le manque daccès à des services de soutien adéquats. Ces femmes avaient été victimes de violence psychologique et verbale allant des injures aux menaces de mort, et de violence physique allant dune bousculade à une volée de coups nécessitant un séjour à lhôpital. Le silence et le manque de soutien autour delles contribuaient à leur faire croire que la violence était normale et que cela était leur faute. En conséquence, lorsquelles ont demandé de laide aux services de soutien, elles nont pas parlé de la violence dont elles étaient victimes. Une conclusion importante de létude est que le dépistage de la violence envers les femmes était une question de chance, une rencontre fortuite avec un travailleur informé et empathique à la violence plutôt que le résultat dun protocole de service assurant un dépistage et des soins efficaces. Cela ainsi que dautres conclusions de létude liées aux services ont mené à des changements rapides et importants relatifs aux politiques :
Nouveaux protocoles de service Les femmes ayant participé à létude sentendent pour dire que le counselling est de loin le besoin le plus pressant, alors que la confusion entourant le mandat des Services de santé mentale (SSM) et les longs délais avant dobtenir un rendezvous, jusquà deux mois dans certains cas, étaient courants. Les conseillers des SSM, de même que la police, le clergé, les médecins et les travailleurs sociaux ne reconnaissaient pas les signes de violence ou ne demandaient pas directement aux femmes si elles avaient été victimes de violence. « On avait lhabitude de ne voir les femmes quà travers leurs symptômes », indique Deborah Bryson Sarauer, une travailleuse sociale des SSM et membre du groupe de chercheurs dans le cadre de létude de recherche. « Nous enseignions aux femmes à gérer leur anxiété en faisant des exercices de respiration, par exemple, mais nous nenquêtions pas sur les causes possibles. » Depuis létude les SSM tiennent compte de lindividu dans son contexte familial et dans sa situation globale. « Nous avons une vision du monde différente », explique Mme Bryson Sarauer. « Nous ne sommes plus les experts, les femmes le sont. » Avant même que la recherche soit terminée, les SSM ont institué de nouveaux protocoles de service :
Nouveaux services Une femme dans le processus de quitter une relation de violence fait face à un stress considérable. Elle est confrontée à de nouveaux renseignements complexes et à des procédures légales et des services sociaux qui ne lui sont pas familiers. Les participantes à létude ont suggéré quun avocat pourrait grandement aider les femmes en les guidant dans le processus les amenant à quitter leur partenaire. Le PRFS a fait une demande pour obtenir un avocat pour les femmes dans la région afin de combler ce besoin. Lidée dun centre de soutien pour les familles en milieu rural, où les femmes et les familles pourraient obtenir des renseignements et avoir quelquun à qui parler de violence, déducation des enfants, de santé et dautres inquiétudes quont les familles vivant en milieu rural, a émergé de létude. Le PRFS a fait une demande de financement afin de mettre en place ces deux services, mais ne sait pas encore si lune ou lautre des demandes sera acceptée. La plupart des enfants des femmes ayant participé à létude ont été témoins de la violence faite à leur mère et la plupart dentre eux avaient été victimes de violence verbale. Les enfants dâge scolaire avaient accès à du conselling à lécole, mais les femmes ont identifié une lacune importante de programmation pour les enfants dâge préscolaire. Les mères avaient de la difficulté à trouver de linformation sur la violence dans les livres sur léducation des enfants afin de les aider à aborder les problèmes de comportement de leurs enfants. Grâce à un don dun organisme de bienfaisance, le PRFS embauchera des animateurs qui travailleront auprès des enfants des niveaux élémentaire et secondaire ayant été témoins de la violence. À ce jour, nous navons obtenu aucun financement pour aider les enfants dâge préscolaire. Éducation du public La diffusion des conclusions de la recherche par les médias a causé une importante augmentation des demandes pour des discours publics sur la violence faite aux femmes. Une femme ayant survécu à la violence est présentement en train décrire un article pour son journal local, des chercheurs et des participants ont fait des exposés publics devant la Saskatchewan Medical Association, la faculté de médecine de la University of Saskatchewan, la conférence du Saskatchewan Womens Secretariat, les services de soins à domicile et des infirmières prodiguant des soins à domicile dans un collège communautaire et devant les médias. Les médias locaux et nationaux ont parlé de létude, dont le journal local, The Humboldt Journal, qui a publié les 13 recommandations de létude, et le journal agricole national,The Western Producer, qui a publié un article intitulé « Work continues after rural abuse study » [Le travail se poursuit après létude sur la violence en milieu rural] et qui sest concentré sur les demandes de financement pour le centre de la famille en milieu rural et lavocat pour les femmes. Le journal catholique, The Prairie Messenger, a publié deux articles à propos de létude, dont un qui montrait limportance de parler de la violence familiale dans le cadre du programme détudes secondaires. La radio locale et nationale de CBC en a aussi parlé. « Avec toute cette attention portée sur la violence faite aux femmes, ce qui est vraiment étonnant, cest que personne dans la collectivité na nié lexistence de ce problème », indique Mme Bryson Sarauer. Un modèle de collaboration Diane Martz, membre du groupe de chercheurs de létude, explique que « dès le départ, nous voulions que la recherche soit active. Je cherchais un modèle qui rassemblerait tous les organismes qui pourraient potentiellement interagir avec une femme ayant survécu à la violence afin délaborer des protocoles et dagir ensemble ». Ce modèle sest manifesté dans le PRFS. Même si ce dernier existait avant quon effectue la recherche, il est devenu un véhicule pour la collaboration intersectorielle recommandée par létude, et est passé dun comité à un organisme à but non lucratif, en attirant plus dorganismes et dindividus. Maintenant, 50 p. 100 de ses membres sont des femmes ayant survécu à la violence. Létude de recherche a facilité la collaboration au sein du PRFS et entre les organismes de première ligne. Un processus daccréditation provincial, qui a eu lieu en même temps, a fourni des occasions pour discuter de la violence faite aux femmes et des lacunes dans les services. Cette collaboration accrue pourra améliorer le dépistage précoce de la violence. Les Services de santé mentale, par exemple, travaillent maintenant de concert avec un éducateur en santé dentaire pour vérifier les preuves de violence et de négligence à partir des dents des enfants. Des exposés lors des cours prénataux sur les changements dans la famille, dont la possibilité de violence lorsque le bébé vient au monde, des consultations entre les services de soins à domicile et une infirmière en santé publique, améliorent lampleur de la prévention et du dépistage de la violence. « Dans les collectivités rurales où les services sont si rares, dit Mme Bryson Sarauer, cest encore plus important pour nous de travailler ensemble afin davoir un impact. » En mettant en pratique les connaissances que les participantes ont durement acquises et en sappuyant sur les forces des collectivités rurales très unies, les Services de santé mentale et le PRFS élaborent des politiques ascendantes afin de mieux dépister, prévenir et traiter la violence faite aux femmes. On a toujours besoin doffrir un niveau plus élevé de soutien aux femmes ayant survécu à la violence et cela demeure un problème. Les services sociaux, les districts de santé et les services daide juridique dans le Centre–Est de la Saskatchewan ont tous différentes limites territoriales, ce qui force les femmes à parcourir de 200 à 300 km afin daccéder aux services. « À la ville, les services sont centralisés, indique Diane Martz, et il y a plus dorganismes vers lesquels nous pouvons diriger les femmes, ce qui comble les lacunes et soccupe des débordements. Les Services de santé mentale de Humboldt sont un organisme rural, explique Mme Bryson Sarauer, ce qui signifie que nous avons des fonctions très larges mais peu de personnel. » Mmes Martz et Bryson Sarauer sentendent pour dire que les stratégies qui sont ressorties de leur étude de recherche font une différence, mais que le problème de la violence faite aux femmes en milieu rural continuera de nécessiter des innovations en matière de services en milieu rural, de même quune réforme à la grandeur de la région. Pour obtenir un exemplaire du rapport complet, rendez-vous
au site de la Provincial Association of Transition Houses en
Saskatchewan au
www.hotpeachpages.org/paths/paths.html ou communiquez avec : |
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