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   Volume 2 Numéro 1 Été 2001

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La redéfinition de l’élaboration des politiques

Passer à l’action pour influencer les politiques

Politiques pour femmes en milieu rural

 

 

 

Prendre place à la table de l’élaboration des politiques : les femmes en agriculture et l’impact de la compression budgétaire des programmes

Nikki Gerrard, district de santé de Saskatoon, Gwen Russell, chercheuse, et Noreen Johns, agricultrice, éducatrice et travailleuse communautaire au Saskatchewan Women’s Agricultural Network

 

La relation entre la santé des femmes en agriculture et les compressions budgétaires fédérales et provinciales a fait l’objet d’une étude en 1999 du Centre d’excellence pour la santé des femmes de la région des Prairies¹. L’étude révèle que les défis de taille auxquels font face les agriculteurs de la Saskatchewan sont encore plus importants pour les agricultrices. En plus de pratiquer l’agriculture, ces femmes prennent soin des enfants et des parents âgés et ont des emplois en dehors de la ferme. Les programmes, financés par le gouvernement et gérés par des organismes de femmes en agriculture, ont été utiles aux agricultrices en les invitant à participer à l’élaboration des politiques en agriculture et en offrant de l’éducation, des occasions de se faire des contacts et de la formation. Les onze femmes ayant participé à l’étude ont indiqué que la suspension ou l’annulation de ces programmes a causé une dégradation de la santé des femmes en raison de la perte de leur participation et de leur réseau.

L’étude a fait l’inventaire des programmes ayant existé entre 1970 et 2000 et a identifié cinq programmes fédéraux. Le Bureau des agricultrices, fondé en 1981 afin de mettre en œuvre des politiques fédérales en agriculture, a été considérablement réduit en 1995. Cet organisme important gérait le financement de projets considérables en éducation, en formation et en élaboration de politiques auxquels les agricultrices participaient. Le Bureau fonctionne désormais sans mandat précis, fait constamment l’objet de compressions budgétaires et n’a pas la capacité de financer des projets qui favoriseraient la compréhension qu’ont les agricultrices des aspects légaux, économiques et sociaux des affaires propres à l’agriculture. Le Projet d’information des agricultrices a été fondé en 1985 grâce à une subvention du Bureau des agricultrices visant à informer les agricultrices sur les politiques, les programmes et les législations concernant l’agriculture. Le Projet d’information des agricultrices a permis d’effectuer des campagnes de publicité directe par la poste et de financer une ligne téléphonique d’information sans frais, mais la subvention a été supprimée. Les objectifs du Conseil canadien d’éducation des agricultrices, fondé en 1987, étaient d’améliorer l’accès à la formation en exploitation agricole, de promouvoir le professionnalisme et le leadership des agricultrices et d’améliorer la sensibilisation face à la situation et à l’impact des politiques sur la formation. Le Conseil a pris fin au milieu des années 1990 en raison du manque de financement stable. La Coalition pour des services de garderie ruraux a existé de 1995 à 1998 afin de mettre sur pied des services d’aide à l’enfance dans le Canada rural. Le manque de financement permanent pour normaliser les variations régionales au plan de la loi et des politiques a mené à son effondrement.

Lorsqu’ils étaient en activité et qu’ils bénéficiaient d’un budget adéquat, ces programmes permettaient aux femmes en agriculture de participer au lobbyisme, de publier des bulletins d’information ou des livres afin de commenter les politiques. Les femmes ont indiqué que ces activités amélioraient leur éveil et leur sens de la collectivité et diminuaient leur isolement. Il était utile pour les femmes de discuter d’agriculture dans un contexte plus grand : « Tout d’un coup, j’ai commencé à m’intéresser à l’économie, à la façon dont cela avait un impact sur moi et sur ma ferme », a expliqué une femme. « Prendre des mesures et se sentir en contrôle est le meilleur antidote contre la dépression. » Une autre femme a indiqué que la participation est « très bonne pour la santé mentale et physique ».

La dégradation des programmes a signifié un retour à l’isolement et à l’invisibilité. Lorsqu’on devient « périphérique et inaudible », comme l’a dit une femme, cela a des répercussions au plan de la santé et du bien-être. « Le pouvoir collectif et le soutien dont on bénéficie lorsqu’on travaille avec d’autres femmes à des projets ou des programmes spécifiques me manquent parce que cela redonne confiance en soi et fait du bien à son estime personnelle ». Même si la plupart des femmes n’étaient pas en colère par rapport à la perte des programmes, certaines ont indiqué que les activités leur faisaient passer assez de temps à l’extérieur de la maison, ce qui causait un effort et une fatigue supplémentaires.

Nikki Gerrard et Noreen Johns, deux auteures du rapport d’étude, ont présenté le rapport lors de conférences, à l’occasion entre autres de la conférence du Saskatchewan Women’s Agricultural Network en février 2000, de l’Association of Women in Psychology à Los Angeles en 2001 et de la Women in Agriculture au Nouveau-Brunswick en avril 2001. On a parlé du rapport à la télévision de CBC et on l’a présenté à l’ancien ministre de l’Agriculture de la Saskatchewan et au ministre actuel, l’honorable Clay Serby.

L’étude a été un facteur influent lors de la prise de décision de Saskatchewan Health à l’automne 2000 concernant la mise en œuvre du projet sur le stress lié à l’agriculture et lors de l’embauche de l’une des auteures de l’étude, Dr Nikki Gerrard, en tant que conseillère sur le stress lié à l’agriculture afin d’aider les gens à identifier et à gérer le stress lié à l’agriculture. Aussi encourageant que cela puisse paraître, il reste un sérieux problème. Sans la restauration du financement de base des organismes facilitant l’accès aux agricultrices à l’éducation, à la formation et l’élaboration des politiques, la santé des femmes en agriculture risque de se détériorer. En compressant le budget des organismes et des programmes pour les femmes en agriculture, le gouvernement a confirmé et aggravé le manque d’accès au pouvoir économique, politique et social des femmes en agriculture.

Notes
¹ Gerrard, N., G. Russell et N. Johns (1999). An Exploration of Health-related Impacts of the Erosion of Agriculturally Focussed Support Programs for Farm Women in Saskatchewan. Winnipeg: Centre d’excellence pour la santé des femmes – regions des Prairies.


Pour obtenir une copie du rapport intégral, veuillez communiquer avec :
Centre d’excellence pour la santé des femmes – région des Prairies
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Tél. : (204) 982-6630  Télec. : (204) 982-6637
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