![]() |
| Page principale
| English
| Page d'acceuil du RCSF |
|
Télécharger la version en format PDF (482 KB, 24 Pages) Améliorer l'état de santé Élaborer une bonne politique en matière de santé publique Renforcer les mesures communautaires et personnelles
|
|
Livrées à elles-mêmes : la santé des lesbiennes dans le nord de la Colombie-Britannique Lynda Anderson, Theresa Healy, Barbara Herringer, Barbara Isaac et Ty Perry, Centre dexcellence pour la santé des femmesrégion de la Colombie-Britannique et le Northern Secretariat¹
Out in the Cold [Livrées à elles-mêmes], une étude à laquelle ont participé 40 lesbiennes vivant dans des collectivités du nord, révèle une interaction entre la santé et le lieu géographique, lorientation sexuelle, la sécurité personnelle et les valeurs des collectivités et que ces éléments ont une incidence sur la santé. Dans le nord de la Colombie-Britannique, où cette étude a pris place, des discours antihomosexuels sont exprimés quotidiennement dans le cadre de rencontres ou par les médias locaux. Les services de santé sont également influencés par ces préjugés. Des personnes participant à des groupes types et à des entrevues ont rendu compte du dilemme persistant davoir à décider si leur orientation sexuelle devait être révélée ou cachée à la collectivité et aux services de soins. Cette étude définit ce dilemme et la condition des menaces personnelles quelle dénote comme un déterminant de la santé et du bien-être des lesbiennes. Linteraction entre le lieu géographique et lorientation sexuelle et la sécurité personnelle donne lieu à une réalité beaucoup plus complexe et contradictoire que cela semblait être le cas de prime abord. Lâge des lesbiennes qui ont participé à cette étude varie de 18 ans à « trop vieille pour vouloir en parler». On compte parmi elles des femmes sidentifiant comme lesbiennes depuis des décennies et des «nouvelles lesbiennes » ayant fraîchement affirmé leur sexualité. La plupart des femmes avaient vécu dans le nord de cinq à quinze ans. Les objectifs de létude comprennent une enquête sur les expériences des lesbiennes avec les services de soins de santé du nord et les obstacles quelles ont rencontrés. Une analyse de leurs narrations met en lumière trois groupes importants de constatations. 1. Le contexte du nord a des répercussions importantes sur la santé et le bien-être des lesbiennes qui y vivent. Des critiques et de la haine, ayant libre cours dans les médias, et de lhomophobie manifestée au sein du système éducatif et par lintermédiaire de propagande religieuse publiquement diffusée, ont causé une peur implacable chez certaines femmes. « Comme jai vraiment eu à cacher qui jétais pendant si longtemps, je me sens beaucoup plus stressée » a déclaré une participante. « La peur et le risque de perdre mon emploi sont réels si je maffiche en tant que lesbienne. » Une autre femme raconte : « Je me suis rendue compte que je ne métais pas créé de système de soutien. Ce qui nuit le plus à mon bien-être général, cest lisolement, un sentiment de non-appartenance, de non-inclusion. » Les répondantes des milieux ruraux qui ne « saffichaient » pas ont supposé que leurs voisins, leurs collègues de travail et leurs fournisseurs de soins de santé savaient quelles étaient lesbiennes. Ces femmes ont dû dépendre de la bonne foi des gens de ne pas « ébruiter la chose », ce qui pourrait donner lieu à du rejet, des menaces ou un manque de soins. Bien que de nombreuses lesbiennes aient décrit une oppression quotidienne, dautres ont fait mention des avantages de vivre hors des villes et près de la nature, certaines exprimant ces faits en termes spirituels. Dautres ont mis laccent sur les satisfactions à tirer de lautonomie, de lautodétermination et de la vie privée. « Je suis libre de cultiver beaucoup de choses que je mange... de seulement sortir dans mon jardin, de respirer lair frais et de tenir la main de ma partenaire si jen ai envie. » 2. Les services de soins de santé sont imprégnés de lhomophobie et de lhétérosexisme de la société du nord. « Une femme hétérosexuelle ny va pas en ayant peur de dire "je vous présente mon partenaire". Elle naura pas à se demander si un médecin dans une salle durgence la détestera si elle révèle quelle a ce genre de relation ou sil la traitera dune manière différente », nous a confié une femme. Une autre participante a raconté avec beaucoup dhumour comment une réceptionniste hurla dans la salle dattente : « Votre carte médicale indique que le nom de votre mari est Sally... Comment cela est-il possible? » Dautres femmes, qui avaient déclaré navoir connu aucun préjugé ou obstacle, ont par la suite reconnu quelles navaient pas encore affirmé leur identité. Bien que des rencontres aient été qualifiées de positives par certaines participantes, la plupart nont que très peu utilisé les services de soins de santé. Ce repli sur soi sest parfois expliqué comme un rejet du modèle de médecine occidentale qui se concentre sur la maladie plutôt que sur le bien-être. Toutefois, un rejet des services de soins de santé était le plus souvent lié à des expériences humiliantes causées par des réactions homophobes des fournisseurs de soins de santé. « [Le médecin] était très attentif et vraiment volubile avant que je lui dise que jétais lesbienne », a raconté une femme. « Puis le silence a rempli la pièce. Toute son attitude avait changé, cétait évident. Il ma ensuite fixée du regard. Je veux dire vraiment fixée, vous comprenez. » Plusieurs participantes étaient aussi très conscientes de la tendance dans le monde de la médecine à traiter lhomosexualité comme une pathologie. « Il existe une peur de se faire étiqueter, de recevoir létiquette "malade" parce quon est lesbienne, de recevoir létiquette "déprimée" parce quon est lesbienne ». Pour les lesbiennes qui ont emmené leurs enfants aux services de soins de santé, le dilemme de se faire connaître en tant que lesbienne était exacerbé par la peur de représailles exercées contre leurs enfants par dautres établissements comme les écoles. 3. Plusieurs participantes ont perçu les préjugés et les obstacles quelles ont rencontrés dans les services de soins de santé comme anodins. De façon générale, les participantes ont mis laccent sur leurs propres forces et leurs capacités dadaptation. Un grand nombre de femmes nont pas accédé aux services de soins de santé officiels à lexception dun cas dincident grave; pourtant, peu de femmes ont utilisé le mot « obstacle » pour décrire leurs expériences négatives. Elles ont plutôt mis laccent sur le meilleur niveau de santé, de bien-être et destime de soi quelles ont acquis grâce à leurs pratiques autonomes en matière de soins de santé. Bien que plusieurs participantes aient considéré leur désengagement comme involontaire, elles ont convenu que ce désengagement a amélioré leur santé. Certaines femmes ont fait des remarques à propos dune pénible ironie : alors quelles étaient « proactives » et quelles « faisaient tout ce quil y avait à faire » par rapport à leur approche dautogestion de la santé, elles pouvaient également courir le risque de développer des maladies liées au stress ou que des maladies ne soient pas diagnostiquées en raison de leur désengagement envers les services de soins de santé. Dans le rapport final de cette étude, nous recommandons des changements sur le plan de la collectivité afin de soutenir linclusion et la sécurité personnelle des lesbiennes dans le nord, dans les services de soins de santé afin dinformer les fournisseurs et de créer des protocoles équitables et accueillants, de même quau sein de la collectivité des lesbiennes afin daméliorer le support et les contacts sociaux. Lappartenance sociale et la sécurité personnelledes éléments essentiels de la santé et du bien-êtrene sont que très peu disponibles pour les lesbiennes qui vivent dans les villes et les villages du nord. Cette étude démontre que des facteurs comme la liberté personnelle, la sécurité et la santé sont liés de façon complexe et unique, dénotant de nouvelles connaissances en matière de déterminants de la santé et du bien-être des lesbiennes dans le contexte du lieu géographique. Pour obtenir une copie du rapport complet, veuillez communiquer avec : Centre dexcellence pour la santé des femmes NOTES |
| Dernière mise à jour |