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Télécharger la version en format PDF (482 KB, 24 Pages) Améliorer l'état de santé Élaborer une bonne politique en matière de santé publique Renforcer les mesures communautaires et personnelles
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Prise en main personnelle dans un contexte de pauvreté : les mères à faible revenu à Saskatoon Kathryn Green, Département de santé communautaire et dépidémiologie, University of Saskatchewan, Centre dexcellence pour la santé des femmesrégion des Prairies
On reconnaît de plus en plus que le pouvoir ou le contrôle quon peut exercer sur les facteurs qui modèlent notre vie est un déterminant fondamental de notre santé. En fait, on définit couramment la promotion de la santé comme le « processus qui permet aux personnes de mieux prendre en main les déterminants de la santé et ainsi améliorer leur état de santé »¹. Cependant, les programmes de promotion de la santé à lintention des mères à faible revenu ont tendance à être axés sur le développement des habiletés dans des domaines tels que lart dêtre parent et la cuisine. Bien quils soient importants, ces programmes nabordent pas les déterminants de la santé plus fondamentaux que lon retrouve dans un environnement social, économique et physique ni les déterminants du pouvoir ou du contrôle. Le développement dhabiletés, non seulement pour composer avec leur propre environnement mais également pour travailler collectivement à laméliorer, constitue un aspect essentiel de la prise en main personnelle des femmes. De plus, des recherches ont démontré que le soutien des autrespratique et moral ainsi que le mentoratest essentiel pour accroître la prise en main personnelle². La participation à des activités, à des groupes ou à des actions sociales constitue un processus clé. Ainsi, un projet qui a rassemblé des mères à faible revenu ayant des enfants dâge préscolaire à Saskatoon a favorisé un processus pour appuyer les femmes qui voulaient de toute urgence faire plus que de composer avec les conditions qui influaient négativement sur la santé de leur famille afin daméliorer ces conditions. En mai 2000, deux groupes de mères à faible revenu, qui avaient auparavant participé à des programmes de développement des habiletés, ont commencé à rencontrer les facilitatrices. Les participantes étaient du début de la vingtaine à la fin de la trentaine. La plupart dentre elles avaient deux ou trois enfants. Environ les deux tiers étaient des chefs de famille monoparentale; et près de la moitié dentre elles étaient des membres des Premières nations. Pendant les réunions hebdomadaires, les femmes parlaient de leur collectivité et des changements quelles souhaiteraient voir pour la rendre plus saine et améliorer létat de santé de ses membres. Lorsquelles décrivaient ces changements, les femmes parlaient davoir plus de contrôle sur leur collectivité, y compris une plus grande sécurité, un revenu adéquat et un logement abordable. Afin dexprimer leur vision à légard de la santé, elles ont pris des photos de leur collectivité et en ont fait deux grandes murales décrivant les influences des collectivités sur la santé quelles ont présentées à leurs invités. Pour chaque réunion, on assurait des services de garderie sur les lieux et de transport qui étaient essentiels à la participation de ces femmes à la réunion. Une des participantes a affirmé : « Tout ce que nous avons fait en groupe a été utile; cela me permettait de réduire mon stress lorsque quelquun écoutait mes préoccupations et de me sentir comprise ». Une autre femme a ajouté : « Quand jai assisté à la première réunion, je ne savais pas ce que nous allions accomplir, mais je savais que javais besoin de soutien. » Après avoir créé les murales, les femmes ont décidé de se concentrer sur la pauvreté à titre de déterminant clé responsable des problèmes auxquels elles faisaient face dans leur propre vie et collectivité. En septembre 2000, lorsque les femmes ont recommencé à se voir en un seul groupe, elles ont examiné de linformation sur la prévalence et les causes de la pauvreté et elles ont partagé leurs propres histoires au sujet de leur expérience de la pauvreté. Elles ont constaté que le chemin qui les conduisait habituellement à la pauvreté commençait habituellement, mais pas toujours, par léducation quelles avaient reçue. Les effets de la pauvreté que les femmes ont décrits comprenaient entre autres des conséquences sur la santé dordre physique et mental : une mauvaise alimentation pour elles-mêmes et leurs enfants, peu doccasion davoir un répit en tant que parent et une faible estime de soi. Cet examen a donné lieu à une action sociale, soit la création dun livre sur la pauvreté. Dans lintroduction de Telling It Like It Is: Realities of Parenting in Poverty, on mentionne que : [Traduction] « La majorité des Canadiens et Canadiennes conviennent que cest une honte quun enfant sur cinq vive dans la pauvreté. Fait peut-être oublié, les enfants qui sont pauvres le sont parce que leurs parents sont pauvres. Pour mettre fin à la pauvreté des enfants, nous devons nous pencher sur la source du problème, soit les parents vivant dans la pauvreté »³. Dans le livre, on retrouve des histoires de ces femmes en énonçant des faits sur les causes et les effets de la pauvreté et sur lart dêtre parent dans la pauvreté. Les femmes ont dit quelles étaient fières du livre qui représentait une réalisation concrète, soit « quelque chose que je peux tenir dans ma main », a dit lune dentre elles. Une autre femme a ajouté : « Issues de divers milieux et possédant une ascendance et un bagage différents, nous lavons réalisé ensemble. Nous pouvons toutes travailler ensemble et accomplir des choses. » Le livre Telling It Like It Is visait entre autres à dissiper les mythes et les stéréotypes négatifs à propos des femmes à faible revenu. Lhistoire de Tracy, par exemple, décrit une mère au foyer avec deux enfants dont le mari travaille à temps plein au salaire minimum. « Notre chèque de paye ne nous donne pas les ressources suffisantes pour subsister jusquau prochain chèque, mais plutôt pendant trois jours après avoir reçu notre chèque, au mieux », a affirmé Tracy. « Avant davoir les enfants, mon mari et moi avions décidé que lorsque nous en aurions, lun de nous demeurerait à la maison, au moins jusquà ce que les enfants aillent à lécole [ ] je crois toujours que nous avons pris la bonne décision, mais il y a un prix à payer [ ] Mon mari a une assurance dentaire et médicale partielle. Mes enfants sont couverts par lassurance, mais je ne le suis pas [ ] je me tracasse constamment, par exemple comment nous allons payer nos factures ou ce que je ferais si lun de nos enfants était malade et que la prescription nétait pas couverte. » Une statistique provenant de Données de base sur la pauvreté au Canada qui termine cette histoire affirme ceci : [Traduction] « En Saskatchewan, plus du tiers des familles pauvres (39 p. 100) ont un revenu de travail » 4 . Même si toutes les participantes au projet souhaitaient prendre des mesures plus directesau-delà de la création du livreafin daider leur collectivité à sorienter davantage vers la vision de santé quelles avaient créée, elles ont constaté que le livre constituait un défi. Elles ont identifié des raisons telles que le manque de sensibilisation aux occasions, de temps et de compétences ainsi que des facteurs psychologiques plus complexes, notamment, lestime de soi, croire que quelquun a le droit de demander un meilleur traitement et que le changement est possible, et avoir une vie assez stable pour avoir lénergie de sengager dans une action sociale. Cette étude démontre que lon doit fournir des occasions aux mères à faible revenu de développer des habiletés non seulement pour sadapter mais également pour entreprendre une action sociale. Cependant, cela ne doit pas exclure lobligation du gouvernement daugmenter les taux de salaire minimum et des prestations dassurance sociale pour atteindre une norme de vie adéquate ou pour fournir des logements abordables et sécuritaires à toutes les familles. La responsabilité de développer des collectivités saines ne devrait pas non plus incomber seulement aux personnes les plus défavorisées. Les personnes et les groupes disposant de plus de ressources et dune plus grande capacité daction sociale devraient partager cette responsabilité. Pour obtenir une copie du rapport complet « ‘We Did It Together:’ Low-Income Mothers Working Toward a Healthier Community » et des renseignements sur le livre, veuillez communiquer avec : Centre dexcellence pour la santé des femmes –
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