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Télécharger la version en format PDF (482 KB, 24 Pages) Quest-ce qui compte dans la recherche sur la santé des femmes? De qui l’on tient compte dans la recherche sur la santé des femmes? Rendre la recherche importante
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Qu’est-ce qui compte et de qui l’on tient compte dans les recherches sur la santé des femmes?
Nous avons autant besoin des concepts de la santé des femmes que les outils appropriés pour les mesurer afin de comprendre et d’évaluer les interventions conçues pour le bénéfice des femmes. Par exemple, la santé des femmes a traditionnellement été conceptualisée en termes de questions de reproduction. Une conceptualisation plus adéquate comporte le bien-être physique, psychologique, émotionnel et social des femmes, et une compréhension que le niveau de la santé augmente dans un monde social et dans un milieu physique qui comportent les dimensions biologiques et sociales des sexes, du travail, de la race et de la cultureentre autres choses et des interactions parmi ces facteurs. « De nouveaux paradigmes, méthodes et outils de mesure sont nécessaires instamment afin d’élargir les frontières de la santé des femmes »[1], affirme le Michigan Initiative for Women’s Health, l’une des nombreuses voix qui insiste sur l’importance de l’élaboration de nouveaux outils de recherche et de nouvelles approches pour la recherche de la santé des femmes. Dans ce numéro, deux articles précisent les aspects importants (et ce qui manque) dans les mesures de la santé des femmes en fonction des dimensions biologiques et sociales des sexes. Colleen Reid avance que les mesures traditionnelles du statut socio-économique des femmes et des hommes, du travail rémunéré ou bénévole et les activités d’éducation des enfants sont associées à des conceptualisations dépassées, particulièrement depuis l’introduction de la perspective des déterminants de la santé. Reid affirme que les mesures doivent être révisées afin de refléter la complexité et la diversité des styles de vie des femmes et des hommes aujourd’hui. Dans le second article, Shelly Abdool et Bilkis Vissandjée décrivent les caractéristiques du système « d’indicateurs axés sur les différences entre les sexes » qui pourraient mesurer de manière plus adéquate la santé des femmes. Elles proposent des critères pour la sélection des ces indicateurs. En plus de la nécessité de nouvelles mesures appropriées, nous avons également besoin de nous assurer qu’elles reflètent la diversité de la population canadienne. L’article de Catherine Frazee concernant la Stratégie canadienne en matière de biotechnologie attire l’attention sur les mesures qui sont à la base de la recherche sur la santé et de l’élaboration de politiques. Elle questionne la notion de « citoyen idéal » que soutient la Stratégie, en suggérant implicitement d’exclure les personnes handicapées. Cependant, un autre article décrit le travail de Connie Deiter et de Linda Otway qui utilisent des méthodes de recherche particulières afin d’y intégrer la participation des femmes autochtones, groupe souvent négligé. Les chercheuses Anne Fenety, Carol Putnam et Charlotte Loppie décrivent les défis méthodologiques qu’entraîne l’intégration d’un nouveau groupe de femmes au travail dans une étude de santé au travail. Dans de nouvelles entreprises non syndiquées et à croissance rapide, comme les centres d’appels, les relations entre les entreprises et les chercheurs de la santé, qui pourraient faciliter la participation des travailleurs, ne sont pas encore largement éprouvées. En pensant à la façon de faire avancer la recherche axée sur les différences biologiques et sociales, nous avons noté que le Centre d’excellence pour la santé des femmesrégion de la Colombie-Britanniquea publié le document « Fusion », un modèle pour la recherche intégrée sur la santé. Élaboré en collaboration avec des membres de la communauté de la santé de femmes, l’approche de « Fusion » aide à assurer la pertinence et l’inclusion, encourage l’intervention multidisciplinaire, intègre les dimensions biologiques et sociales des sexes, met en commun les paradigmes et stimule la pertinence des politiques. Dans un article qui fait valoir le besoin continu de l’analyse comparative entre les sexes afin d’évaluer les répercussions des politiques et des programmes de santé sur les hommes et les femmes, Karen Grant évalue la situation actuelle comme souffrant du « syndrome de la Reine rouge ». Tout comme Alice dans Alice au pays des merveillesqui court aussi vite qu’elle peut pour rester à la même placeles chercheuses dans la santé font face à une résistance prédominante relativement à l’introduction des sexes dans la recherche sur la santé. Plusieurs de ces auteurs insistent sur le fait que la plupart de la recherche sur la santé aujourd’hui est « également applicable aux hommes et aux femmes » et ignorent la possibilité des différences qui existent entre la santé des femmes et celle des hommes. La preuve démontre qu’une telle recherche n’est pas « également applicable aux hommes et aux femmes » en termes de répercussions. Ce numéro de Bulletin de recherche met au défi les chercheurs de la santé et les décideurs de s’assurer de ce que nous comptons, de quelle façon nous le comptons et que ceux que nous comptons dans la recherche reflètent une compréhension fonctionnelle des nombreux facteurs qui influencent la santé et la maladie, et les nombreuses personnes que nous pourrons exclure ou intégrer en fonction des méthodes et des concepts que nous avons choisis. Ann Pederson NOTES |
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