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Télécharger la version en format PDF (545 KB, 26 Pages) La sécurité et le principe de précaution Santé publique ou profit? Leçons du passé – les risques continuent
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La sécurité d'abord : La protection de la santé des femmes
Le présent numéro du Bulletin de recherche comporte les contributions du regroupement Action pour la protection de la santé des femmes, anciennement
connue sous le nom de Groupe de travail sur les enjeux pour les femmes de la loi
fédérale sur la santé. Ce groupe, appuyé en partie par le Programme de
contributions pour la santé des femmes de Santé Canada, est composé de
chercheures, de professionnelles de santé, d'éducatrices et de consommatrices qui
s'intéressent à la recherche orientée sur les politiques et à l'éducation publique sur
les enjeux de la protection de la santé. J'ai le plaisir d'accueillir
Anne Rochon Ford, coordonnatrice d'Action pour la protection de la santé des
femmes, comme rédactrice invitée. Comme vous l'apprendrez ici, les femmes du
Canada ont un passé inquiétant en ce qui concerne les produits pharmaceutiques
et les appareils médicaux. Les articles qui suivent incitent les responsables de la
réglementation, les consommateurs, les praticiens et les chercheurs à tirer des
leçons du passé pour protéger la santé des femmes à l'avenir. Tant les femmes que les hommes, jeunes et moins jeunes, souffrent des effets nocifs des médicaments et des appareils médicaux qui ne sont pas assez testés et, aussi, suffisamment surveillés une fois qu'ils sont sur le marché. Toutefois, si on y regarde de plus près, il semble que les femmes ont joué le rôle légendaire des canaris dans les mines en ce qui concerne l'innocuité des médicaments et des appareils médicaux au Canada. Songez au douteux héritage. On savait déjà au début des années 30 que le D.E.S. (diéthylstilbestrol), un médicament hormonal, causait de graves problèmes de reproduction chez les animaux et, au milieu des années 50, on savait son inefficacité pour prévenir les fausses couches. Et pourtant, il a été prescrit aux femmes jusqu'au début des années 70, lorsque de graves cancers et d'autres problèmes de reproduction se sont déclarés chez les filles et les fils des femmes qui avaient pris du D.E.S.. Ce n'est qu'après la mise sur le marché du stérilet Dalkon, un contraceptif intra-utérin, au cours des années 70, que l'on a découvert qu'il était source d'infertilité et d'infections utérines potentiellement mortelles. À la fin des années 80, l'implant mammaire Même a été associé à des questions sur de graves complications systémiques, on l'a finalement retiré du marché. Les défenseurs de la santé des femmes et des personnes handicapées ont exprimé des préoccupations relativement aux contraceptifs injectables et implantés, comme Depo-Provera et Norplant, peu après leur mise sur le marché, mais des avertissements sur leurs effets nocifs n'ont été émis que des années après que des millions de femmes du monde entier les avaient utilisés. Plus récemment, en 2002, la confirmation que les inconvénients l'emportent sur les avantages du traitement hormonal de substitution à long terme ne vient qu'après que des millions de femmes se sont fait prescrire des hormones et avant que la recherche ait même pu démontrer leur efficacité et leur innocuité à long terme. Les preuves s'accumulent, et on se préoccupe de l'idée que les effets nocifs, sur les animaux, des strogènes dans l'environnement puissent aussi se traduire en maux pour les humains. Le présent numéro du Bulletin de recherche met en lumière certaines démarches des chercheures sur la santé des femmes et ses défenseures visant à éviter que l'histoire ne se répète. Penny Van Esterik, du Réseau pancanadien sur la santé des femmes et le milieu (RPSFM), offre un point de vue équilibré sur les avertissements liés au lait maternel et aux contaminants de l'environnement. Des chercheures affiliés au Centre d'excellence pour la santé des femmes de la Colombie-Britannique, poussant plus loin les travaux innovateurs qu'a faits Ruth Cooperstock pendant les années 70, décrit le problème continu de la prescription excessive de benzodiazépines aux femmes. Ann Pederson et Aleina Tweed, aussi du Centre de la Colombie-Britannique, donnent des arguments convaincants en faveur de la création d'un registre des implants mammaires pour avertir les femmes des problèmes de santé associés à ces dispositifs et recueillir des données sur eux. Le regroupement Action pour la protection de la santé des femmes, fort de données venant de recherches de Barbara Mintzes, demande à la Direction générale de la santé et des aliments de Santé Canada de résister aux pressions qu'elle subit pour approuver la publicité directe aux consommateurs des médicaments d'ordonnance et fait état de préoccupations à l'égard de médicaments nocifs comme Diane-35. Leur message à nos législateurs est clair—donnez la priorité à la sécurité plutôt qu'au profit, et observez le principe de précaution. Comme le dit Sharon Batt ailleurs dans le présent numéro, « les mythes largement répandus sur l'hormonothérapie étaient fondés non pas sur la science, mais sur le marketing qui allait à l'encontre de la science ». Elle plaide vigoureusement pour la nécessité de s'intéresser non pas aux produits pharmaceutiques, mais aux principes fondamentaux de la santé publique—l'air pur, un milieu de travail sain et les déterminants sociaux de la santé des femmes—pour les besoins de la prévention des maladies. Colleen Fuller attire l'attention sur les lacunes de notre système actuel de surveillance après la mise sur le marché des médicaments. Les sensibilités particulières des femmes aux risques liés aux médicaments doivent être tenues en compte par le programme de notification des réactions indésirables aux médicaments du Canada. Dans un article sur le rôle du Canada dans le processus d'harmonisation internationale des produits pharmaceutiques, Action pour la protection de la santé des femmes, en se fondant sur un ouvrage original de John Abraham, insiste encore une fois pour que les normes de sécurité soient prioritaires et que les besoins particuliers des femmes et d'autres groupes ne soient pas laissés pour compte. L'héritage commencé avec le D.E.S. peut cesser ici. Nos décideurs au niveau national ont non seulement la responsabilité mais aussi les outils qu'il leur faut pour transformer notre système de protection de la santé et faire qu'il soit plus sensible à la santé des femmes, et qu'il assure une meilleure santé pour tous. Toute loi et tout règlement proposé devrait subir une analyse fondée sur le sexe et être conforme au Plan pour l'égalité des sexes du gouvernement fédéral et à la Stratégie pour la santé des femmes de Santé Canada. Il ne reste que la volonté politique d'apporter ces changements.
Le Comité directeur du regroupement Action pour la protection de la santé des femmes est composé de Sharon Batt, de Madeline Boscoe, d'Anne Rochon Ford (membre d'office), du Dr Joel Lexchin, de la Dre Abby Lippman, de Carla Marcelis (membre d'office), de la Dre Fiona Miller et de Barbara Mintzes. |
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