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Télécharger la version en format PDF (545 KB, 26 Pages) La sécurité et le principe de précaution Santé publique ou profit? Leçons du passé – les risques continuent
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Les femmes et la notification des effets indésirables des médicaments au Canada Colleen Fuller, PharmaWatch, et Action pour la protection de la santé des femmes
Un système efficace de notification et de surveillance des effets indésirables des médicaments (EIM) est essentiel à n'importe quelle stratégie voulant soutenir et améliorer la santé des femmes. La première étude du système canadien, effectuée par Action pour la protection de la santé des femmes, conclut que les modèles de présentation des rapports de notification, au sein du système de santé du Canada, sont faibles, sous-financés et mal appuyés du point de vue politique par Santé Canada. Les faits saillants du rapport, intitulé Les femmes et la notification des effets indésirables des médicaments au Canada (2002), sont résumés dans les paragraphes qui suivent. Dans les années 60, le mouvement moderne de la santé des femmes est né d'une critique féministe de l'industrie médicale en tant qu'institution de contrôle social sur les femmes. Ces femmes ont commencé à s'organiser et à exiger des changements dans la manière dont la médecine était pratiquée, en soutenant que les médecins, en particulier, méconnaissaient les problèmes que vivaient principalement, sinon exclusivement, les femmes. Un exemple concret de cet état de fait était le D.E.S. (diéthylstilbestrol), une hormone synthétique crée en 1938 et prescrite à environ 200 000 à 400 000 Canadiennes pour prévenir les fausses couches. Trente ans plus tard, le D.E.S. était lié à de nombreux problèmes de santé chez les filles de ces femmes, qui avaient été exposées à ce médicament dans l'utérus, notamment une fertilité réduite, des complications pendant la grossesse et une forme rare de cancer vaginal[1]. Bien que les faiblesses des systèmes d'assurance de la sécurité des médicaments et de surveillance après leur mise sur le marché touche toutes les collectivités, les expériences des femmes avec le D.E.S.—ainsi qu'avec la thalidomide dans les années 60, le stérilet Dalkon et l'implant mammaire Même à la fin des années 80—mettaient en relief le lien entre le sexe de la personne et la sécurité des médicaments et des instruments médicaux. Ces tragédies ont aussi contribué à aiguillonner l'intérêt pour la protection de la santé et les médicaments d'ordonnance chez le grand public et les défenseurs de la santé. Il était évident que les préjugés sexistes dans le secteur de la santé, déjà reconnus par les femmes et de nombreux organismes de défenses des droits des consommateurs, minaient aussi la capacité du système de protection de la santé du Canada de servir les besoins et les intérêts des femmes et des filles. Quelle importance revêt ce préjugé pour le système actuel de notification des effets indésirables des médicaments? Les preuves s'accumulent, démontrant que les femmes courent plus de risques que les hommes de souffrir d'effets indésirables, dans la collectivité et en milieu hospitaliers[2]. On estime que les patientes courent un risque de 1,5 à 1,7 plus grand de subir les effets indésirables de médicaments comparativement aux patients[3]. Les raisons à cela ne sont pas tout à fait bien comprises, mais les différences ne peuvent être attribuées uniquement aux modèles d'utilisation comme, par exemple, à des taux plus élevés de consommation de médicaments d'ordonnance ou de polychimiothérapie[4]. Selon un rapport récent du General Accounting Office (GAO) des États-Unis, huit des 10 médicaments d'ordonnance retirés du marché entre 1997 et 2001 posaient plus de risques pour la santé des femmes que pour celle des hommes[5]. Une des raisons à cela pourrait être la plus grande consommation de médicaments d'ordonnance chez les femmes. Cependant, le GAO concluait qu'un nombre important des médicaments retirés du marché pouvaient être plus nocifs pour la santé des femmes en raison de « différences physiologiques qui rendent les femmes plus sensibles à certains risques pour la santé liés aux médicaments »[6]. Plusieurs solides initiatives positives ont été lancées au sein de Santé Canada pour appuyer des stratégies qui améliorent la santé des femmes—dont le Bureau pour la santé des femmes, l'entreprise d'une analyse fondée sur le sexe et le Plan fédéral pour l'égalité entre les sexes. Cependant, en matière de risques pour la santé des femmes liés aux médicaments, ces efforts sont sapés par un système de sécurité des médicaments après leur mise sur le marché qui est mal financé et mal appuyé. Le système canadien de notification des effets
indésirables des médicaments (EIM) À la fin des années 80 et tout au long des années 90, une série de crises et de scandales, dont ceux liés au stérilet Dalkon, à l'implant mammaire Même et au sang contaminé, ont clairement démontré aux Canadiens et aux Canadiennes que le système de protection de la santé avait besoin d'une profonde réforme. De fait, aucun autre aspect de Santé Canada n'a subi d'examen plus minutieux du public que le système de protection de la santé. En avril 2002, une nouvelle direction générale—la Direction des produits de santé commercialisés (DPSC)—a été créée dans le cadre d'une refonte complète du système de protection de la santé. La DPSC a un éventail beaucoup plus large de responsabilités qu'aucun de ses prédécesseurs, puisqu'elle a le mandat d'assurer la surveillance des produits pharmaceutiques et biologiques, des vaccins, des appareils médicaux, des produits de santé naturels, des produits radiopharmaceutiques (produits médicinaux qui sont radioactifs lorsqu'ils sont utilisés sur les patients), et des produits médicaux à usage vétérinaire. La DPSC est responsable d'observer et de consigner les données sur les effets indésirables aux médicaments et les incidents médicaux, d'examiner et d'analyser les données sur la sécurité des produits, d'effectuer des évaluations des risques et des avantages des produits commercialisés, de communiquer les risques liés aux produits et de faire la surveillance des activités de réglementation de la publicité. Et pourtant, la DPSC n'a bénéficié au départ que de 35 chercheurs, 15 employés de soutien et d'un budget annuel de 10 millions de dollars[7]. Santé Canada a établi une ligne téléphonique sans frais de notification des EIM et le Programme canadien de surveillance des effets indésirables affiche un bulletin, accessible en ligne au public. Bien que ces efforts soient appréciés—et contribuent à l'accroissement de la notification—il faudrait encore bien plus pour favoriser une plus grande prise de conscience relativement au système canadien de notification des effets indésirables des médicaments. Peu d'incitatifs existent pour pousser les médecins, les pharmaciens et les fabricants à accroître la notification, et les groupes de défense des droits des consommateurs et des patients se butent à de grands obstacles à la notification, en commençant, par exemple, avec le manque d'efforts de promotion pour appuyer l'utilisation de la ligne sans frais de notification des consommateurs. Il faut de l'éducation, non seulement du public, mais aussi des professionnels de la santé, sur la contribution qu'ils peuvent faire à une utilisation plus sécuritaire des médicaments d'ordonnance. Sans un mécanisme doté et financé comme il se doit pour systématiquement recueillir, approfondir, analyser et interpréter les données sur les effets indésirables qui peuvent être associées à une pharmacothérapie ou à des appareils médicaux, les efforts pour élaborer une politique de santé publique efficace pour les femmes sont inévitablement sapés. D'égale importance, Santé Canada doit prendre l'engagement politique de concevoir un système de notification des effets indésirables des médicaments qui répondra pleinement aux besoins des femmes en matière de santé. Nous incitons vivement Santé Canada à consulter les organismes voués à la défense des droits des femmes en vue de l'élaboration d'une stratégie exhaustive de surveillance après la mise sur le marché des expériences des femmes avec les médicaments d'ordonnance. La réforme en la matière doit respecter le principe fondamental du droit des Canadiens d'être avertis et informés sur les médicaments qu'ils consomment. Pour obtenir un exemplaire intégral de Les femmes et la notification des effets indésirables des médicaments au Canada, veuillez communiquer avec : Action pour la protection de la santé des femmes PharmaWatch NOTES [1] Voir http://www.web.net/~desact. [2] J. Heinrich, directeur des soins de santé et des enjeux de la santé publique, US General Accounting Office, "Drug Safety: Most Drugs Withdrawn in Recent Years Had Greater Health Risks for Women", GAO-01-286R (Le GAO ne s'est pas intéressé aux médicaments en vente libre, ni aux vaccins.); M. Rademaker, "Do women have more adverse drug reactions?", American Journal of Clinical Dermatology, vol. 2, no 6, 2001, p. 349-51. [4] Catherine White, Ph.D., "Gender Effects on Pharmacotherapy", Department of Pharmaceutical and Biomedical Sciences, University of Georgia, document présenté à la Conference on Biologic and Molecular Mechanisms for Sex Differences in Pharmacokinetics, Pharmacodynamics, and Pharmacogenetics, Athens, Géorgie, le 5 mai 1999. [7] La DGPSA annonce une nouvelle organisation : Direction des produits de santé commercialisés (DPSA), Santé Canada, Ottawa, 1er avril 2002. |
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