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Bulletin de recherche: Visualiser un mode de vie sain pour les femmes, Printempts 2005, volume 4, numéro 2

Visualiser un mode de vie sain pour les femmes


Le Mouvement pour la santé des femmes ainsi que trois décennies de recherche et de pratique dans le domaine de la promotion de la santé ont permis de démontrer que la santé des femmes est inextricablement liée au contexte de leur vie. C’est pourquoi, lorsque l’on pense à un mode de vie sain pour les femmes, il est important de reconnaître les contextes sociaux, économiques et environnementaux qui façonnent et limitent les actions individuelles et communautaires liées à la santé, et d’y réagir. Chez la femme, la toxicomanie, l’activité physique et l’alimentation, des éléments qui font l’objet d’une attention renouvelée à la lumière de l’augmentation du taux de maladies chroniques, ne sont pas simplement des choix de mode de vie, mais elles reflètent plutôt des modèles de vie surgis de milieux particuliers et modelés par les relations personnelles, les normes sociales, les circonstances économiques et les politiques gouvernementales.

Dans le présent numéro du Bulletin de recherche, nous mettons au défi les lecteur(rice)s d’examiner ce dont les femmes ont besoin pour mener une vie saine. 'Les auteures du premier article commencent en faisant l’observation que, pour la plupart des femmes, leurs activités de pourvoyeuses de soins sont une caractéristique essentielle de leur vie. Les responsabilités rattachées au rôle de pourvoyeuse de soins assumé par les femmes déterminent comment ces dernières passent leur journée et limitent éventuellement le temps qu’elles peuvent consacrer à d’autres activités, comme les loisirs, l’éducation, l’engagement communautaire, les relations sociales et le travail rémunéré. Les activités de pourvoyeuse de soins déterminent efficacement la nature du bien-être économique des femmes .

Les responsabilités rattachées au rôle de pourvoyeuse de soins signifient que les femmes doivent trouver un équilibre entre leur travail rémunéré et leur travail non rémunéré. Elles font des choix lorsqu’il est question d’élever leurs enfants, de prendre soin des membres de leur famille qui sont malades et d’appuyer les adultes vieillissants et d’offrir un soutien physique, émotionnel et pratique à leurs partenaires. La configuration particulière du foyer, les relations intimes de la vie d’une femme ainsi que l’endroit et la nature du travail rémunéré de la femme, à savoir si elle travaille dans une petite entreprise ou dans une industrie en voie de restructuration, ont une incidence sur ces choix. Il en va de même du bien-être économique d’une femme sur lequel influent d’autres aspects de la sécurité sociale, comme le niveau actuel de prestations d’assistance sociale, l’existence de services de garde d’enfants et de relève subventionnés par l’État et l’accès au logement social.

De toute évidence, la possibilité qu’ont les femmes d’avoir un mode de vie sain varie en fonction de leur situation particulière. Dans cette optique, plusieurs des auteur(e)s d’articles publiés dans le présent numéro se penchent sur les éléments qui pourraient appuyer un mode de vie sain des femmes autochtones. Ils ou elles laissent entendre que ces éléments sont essentiels pour comprendre les disparités sur le plan de la santé auxquels font face les peuples autochtones du Canada et qu’une partie de la solution réside dans le respect de l’identité culturelle et dans la compréhension que la santé entraîne l’intégration des aspects physiques, mentaux, émotionnels et spirituels. Ils ou elles réclament l’élaboration de politiques qui sont significatives, appropriées et adaptées à l’amélioration des conditions économiques et sociales qui causent des dommages à la santé des Autochtones. Pour les femmes, cela signifie également de situer leurs rôles en tant que soignantes et protectrices de la santé dans des contextes culturels et pratiques appropriés lorsque l’on propose ou que l’on met en œuvre des politiques et des programmes.

Dans le présent numéro, certaines des solutions proposées visent à maximaliser le rôle d’amélioration de la santé des déterminants sociaux de la santé, y compris le logement, les politiques d’assistance sociale et les conditions de travail. Il est possible d’utiliser des outils comme la planification non sexiste de la santé afin d’adapter des politiques et des programmes aux réalités particulières de la vie des filles et des femmes. L’évaluation de la recherche et des programmes permet d’appuyer l’élaboration de mesures prioritaires et la mise en œuvre directe de programmes et d’assurer le suivi de l’efficacité des politiques et des programmes au fil du temps.

Une méthode importante servant à appuyer les femmes pour qu’elles vivent plus sainement consiste à apprendre à partir de l’expérience. Par exemple, la réalisation d’un examen des meilleures pratiques laisse supposer que l’on pourrait réduire la consommation de tabac durant la grossesse, si l’on mettait en place des interventions adaptées aux groupes particuliers de fumeuses enceintes et en parlant de la stigmatisation dorénavant liée au tabagisme. De même, pour offrir un soutien aux femmes en vue de les inciter à exercer des activités physiques, il faut mettre en marche des mesures aux échelons individuels et communautaires. Selon la recherche réalisée en Colombie-Britannique, des mesures sont plus susceptibles d’être prises pour appuyer les activités de loisirs des femmes à faible revenu lorsque les femmes elles-mêmes participent à un partenariat partagé avec les décideurs communautaires .

La vision d’un mode de vie sain pour les femmes décrite dans le présent numéro comprend la réduction du tabagisme et l’amélioration de la santé et de l’alimentation, mais exige que les mesures prises pour régler ces problèmes soient adaptées et tiennent compte du contexte. De plus, les auteur(e)s démontrent collectivement qu’il faut prendre des mesures pour ce qui est des déterminants de la santé qui vont au-delà du système de soins de santé afin d’appuyer la santé et la vie des femmes. Il s’agit manifestement d’un appel afin [TRADUCTION] «d’élaborer des politiques et des services qui sont accessibles et appropriés et qui améliorent la capacité des femmes à résister aux pressions qui nuisent à la santé et qu’elles rencontrent dans leur vie quotidienne. [1]»




NOTES

[1] Daykin N, Naidoo J. Feminist Critiques of Health Promotion. In Bunton R, Nettleton S, Burrows R (Eds.). The Sociology of Health Promotion: Critical Analyses of Consumption, Lifestyle and Risk. London and New York: Routledge, 1995;59-69.

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