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Bulletin de recherche: La santé mentale et de l'accoutumance chez les femmes , Printempts 2006, volume 5, numéro 1 Déterminants sociaux des inégalités en santé mentale chez les nouvelles mèresCecilia
Benoit, Rachel Westfall, Adrienne Bonfonti et Kim Nuernberger,
Department of Sociology, University of Victoria,
et le Réseau pancanadien sur la santé des femmes et le milieu La recherche sur les déterminants sociaux de la santé a offert de nouvelles perspectives sur les disparités des résultats pour la santé et leurs liens à un large éventail de facteurs sociaux, y compris, mais sans y être limité, le soutien social pendant la prime enfance, la stabilité économique, les réalisations scolaires, le logement et la sécurité alimentaire ainsi que l’accès à des soins sociaux et de santé adéquats et abordables [1]. Bien que de nombreuses études se soient penchées sur les causes cliniques de la morbidité maternelle et, en particulier, sur la dépression post-partum, peu d’études de recherche ont été réalisées sur les déterminants sociaux des inégalités en santé mentale chez les nouvelles mères, sauf quelques études sur les liens entre les divers types d’accouchement – vaginal par rapport à césarienne [2] – et les stress importants de la vie et la dépression post-partum [3]. Même si les biographies de diverses célébrités ont récemment porté la dépression post-partum à l’attention du public [4], on s’est beaucoup moins intéressé aux causes fondamentales des inégalités en santé mentale entre les divers groupes de nouvelles mères. Comme point de départ à l’analyse des écarts importants en matière de santé mentale post-partum, des chercheur(euse)s de l’University of Victoria ont commencé à étudier pourquoi certaines nouvelles mères s’en sortent mieux que d’autres sur le plan du bien-être mental. Nous menons présentement une étude longitudinale sur un échantillon varié de femmes enceintes qui habitent dans la région métropolitaine du Grand Victoria [5]. Chaque femme est interrogée en personne une fois au cours du dernier trimestre de sa grossesse, une autre fois de quatre à six semaines après l’accouchement et une troisième fois, de quatre à six mois après l’accouchement. À l’aide de diverses méthodes, nous recueillons des données autant quantitatives que qualitatives sur les antécédents socioéconomiques des femmes, la situation pendant la prime enfance et d’autres déterminants sociaux de la santé, ainsi que sur leur utilisation des différents types de soins maternels et leur satisfaction envers ceux-ci, leur expérience de l’accouchement et de la maternité, les sources de soutien social et financier et l’auto-évaluation de leur santé. Nous avons recruté les participantes au projet par des brochures distribuées dans les cliniques d’échographies, les bureaux de sages-femmes et les cabinets médicaux de Victoria. Jusqu’à maintenant, nous avons terminé le recrutement des participantes, soit 100 femmes, et avons réalisé 93 entrevues pour le premier volet, 60 pour le deuxième volet et 27 pour le troisième volet. Nous prévoyons que le projet prendra fin d’ici juin 2007. Des données sur 81 entrevues ont été entrées dans l’Ensemble des programmes statistiques relatifs aux sciences sociales et forment la base de l’analyse préliminaire présentée ici. Puisque la collecte des données se poursuit toujours et que la taille des échantillons pour certaines catégories est présentement limitée, il faudrait aborder ces interprétations avec prudence. Auto-évaluation de la santé mentale par des femmesAu cours du premier volet d’entrevues, nous avons demandé aux femmes d’évaluer leur santé physique et mentale (et émotive) à l’aide d’une échelle de Likert à cinq points, allant d’excellent à médiocre. Les femmes ont constamment accordé une note plus élevée à leur santé physique qu’à leur santé mentale : 59 % des participantes ont souligné que leur santé physique était excellente ou très bonne, tandis que 51 % ont déclaré qu’elles accorderaient la même évaluation à leur santé mentale. Inversement, 16 % des participantes ont déclaré que leur santé physique était passable ou médiocre, alors que 26 % ont évalué leur santé mentale comme passable ou médiocre. Aux fins de la présente étude, nous n’avons porté intérêt qu’aux facteurs sociaux liés à la santé mentale. Dans l’échantillon, la proportion de femmes qui ont choisi des soins de sages‑femmes (36 participantes) est relativement équilibrée par rapport à celles qui ont consulté un médecin (45 participantes) pour les soins prénatals. Les participantes faisant appel aux services d’une sage-femme n’étaient que légèrement plus susceptibles d’offrir une réponse positive au chapitre de l’auto-évaluation de leur santé mentale que celles qui recevaient des soins d’un médecin (soit un(e) obstétricien(ne), un médecin de famille ou un(e) omnipraticien(ne)). Les différentes évaluations ne sont pas assez significatives pour établir des liens entre le type de fournisseur(euse)s de soins pendant la grossesse et la santé mentale signalée par la femme pendant la grossesse. Nous avons donc estimé qu’il était important d’étudier les autres facteurs qui pouvaient être liés aux inégalités en santé mentale chez ce groupe de femmes. Facteurs sociaux de la santé mentale des nouvelles mèresLa mesure de la stabilité pendant la prime enfance comprise dans la présente étude était le nombre de fois que la participante avait déménagé avant l’âge de 18 ans. À partir des données initiales, il semble y avoir une corrélation entre celles qui ont déménagé plus de dix fois avant leur dix-huitième anniversaire et une moins grande possibilité qu’elles donnent une note excellente ou très bonne à leur santé mentale, et une plus grande possibilité qu’elles évaluent leur santé mentale comme passable ou médiocre (voir le tableau 1). On a souvent établi des parallèles entre la stabilité pendant la prime enfance et l’état de santé à l’âge adulte et, comme on l’indique dans le rapport de Santé Canada intitulé Pour un avenir en santé, publié en 1999, les expériences vécues durant la prime enfance ont des répercussions sur le niveau de stress chez les jeunes gens et ont tendance à réduire leur résistance aux problèmes de santé plus tard dans la vie [6].
Un autre déterminant social de la santé important est le rendement scolaire, lequel est indéniablement lié à bien d’autres déterminants sociaux de la santé, y compris la situation socioéconomique, la sécurité d’emploi ainsi que l’accès et le recours aux services de santé [7]. Selon l’analyse préliminaire de nos données, les participantes qui ont un niveau d’études plus élevé étaient plus susceptibles de faire état d’une excellente ou d’une très bonne santé mentale, tandis que celles qui n’avaient pas fait d’études postsecondaires étaient plus susceptibles de signaler un niveau de santé mentale allant de passable à médiocre. Comme les différences étaient légères, il faudrait un plus grand échantillon afin de déterminer si les différences relevées sont significatives. On cite souvent la situation de logement comme un déterminant social de la santé important, en particulier en ce qui a trait à la stabilité et à la sécurité du logement [8]. Les données provenant du premier volet de la présente étude laissent entendre qu’une plus grande sécurité du logement était liée à une meilleure santé et à un meilleur bien-être. Les participantes qui étaient propriétaires de leur maison ou de leur appartement (indice d’un plus grand sentiment de stabilité et de sécurité du logement) étaient plus susceptibles de signaler une santé mentale plus élevée. La situation des femmes qui louaient un logement était beaucoup moins bonne puisque 86 % d’entre elles ont signalé une santé mentale allant de passable à médiocre. Il convient de remarquer que l’état de santé mentale chez les femmes habitant dans un logement temporaire était très différent de ce à quoi l’on aurait pu s’attendre, étant donné que ce groupe avait le niveau le plus faible de sécurité du logement (voir le tableau 2). Toutefois, la taille de l’échantillon est assez petite, et il est difficile de dire avec certitude pourquoi il en est ainsi. Les réponses aux questions ouvertes indiquent que certaines de ces femmes vivaient avec des parents ou des amis en attendant de déménager dans un plus grand logement afin d’accueillir le nouveau bébé.
Remarque : Un logement temporaire comprend les situations provisoires et les refuges. RésuméSur la base d’une faible proportion de l’ensemble des données recueillies dans le cadre de cette étude, l’analyse préliminaire des facteurs sociaux qui touchent la santé mentale des nouvelles mères révèle que les femmes qui avaient une sage-femme comme fournisseuse de soins pendant leur grossesse étaient un peu plus susceptibles de déclarer un taux élevé de santé mentale que celles qui étaient soignées par un médecin. De plus, le bien-être mental est également en corrélation avec la stabilité pendant la prime enfance, le rendement scolaire et la sécurité actuelle sur le plan du logement. D’autres analyses permettront de confirmer si ces conclusions préliminaires continuent d’avoir une influence significative sur la santé mentale et de déterminer des facteurs sociaux supplémentaires qui influent de façon néfaste sur le bien-être mental des nouvelles mères à court et à long termes.
NOTES [1] R. Evans, M. L. Barer et T. R. Marmor (éditeurs), Why Are Some People Healthy and Others Not? The Determinants of Health of Populations, Hawthorne, New York, Aldine De Gruyter, 1994. E. Annandale et K. Hunt (éditrices), Gender Inequalities in Health, Philadelphie, Open University Press, 2000. D. Raphael (éditeur), The Social Determinants of Health: Canadian Perspectives, Toronto, Canadian Scholars Press, 2004. [2] R. Patel et D. Murphy, «Operative delivery and postnatal depression: A cohort study», dans British Medical Journal, vol. 330, 2005, p. 879. [3] J. Swendsen et C. Mazure, «Life stress as a risk factor for postpartum depression: Current research and methodological issues», dans Clinical Psychology: Science and Practice, vol. 7, 2000, p. 17-31. [4] B. Shields, Down Came the Rain: My Journey through Postpartum Depression, New York, Hyperion, 2005. M. Osmond, Behind the Smile: My Journey Out of Postpartum Depression, New York, Warner Books, 2002. [5] Les présents travaux sont financés par le Réseau pancanadien sur la santé des femmes et le milieu, la Michael Smith Foundation for Health Research et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). [6] Comité consultatif fédéral, provincial et territorial (FPT) sur la santé de la population, Pour un avenir en santé, Ottawa, Santé Canada, 1999. [7] D. Raphael (éditeur), The Social Determinants of Health, Toronto, Canadian Scholars Press, 2004. [8] T. Bryant, «Housing and Health», dans D. Raphael (éditeur), The Social Determinants of Health, Toronto, Canadian Scholars Press, 2004, p. 217-232.
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