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Santé des femmes autochtones:
projet de synthèse des recherches


mai 2001
ISBN 0–9689285–1–X

Résumé

CONTEXTE
En novembre 2000, le Groupe de synthèse des recherches des Centres d’excellence pour la santé des femmes (CESF), composé de représentantes et représentants de chaque centre, du Réseau canadien pour la santé des femmes (RCSF) et du Bureau pour la santé des femmes, a identifié la santé des femmes autochtones comme un travail de synthèse prioritaire. Le Groupe de synthèse des recherches a donc entrepris une initiative afin de regrouper les connaissances et l’expérience cumulatives découlant des activités des Centres dans le domaine de la santé des femmes autochtones, et de s’en servir comme base afin d’établir des priorités pour tout travail de recherche ultérieur réalisé dans ce domaine. Le présent rapport tente de contribuer à ce processus de quatre façons principales :

1. en donnant un aperçu des principaux indicateurs de la santé et de ceux qui sont liés à la santé des femmes autochtones au Canada.

2. en réalisant un examen et une synthèse critiques des recherches et des autres initiatives portant sur la santé des femmes autochtones entreprises ou financées par les Centres d’excellence pour la santé des femmes.

3. en présentant le compte rendu de l’Atelier national traitant de la recherche sur la santé des femmes autochtones, tenu à Ottawa en mars 2001.

4. en formulant des recommandations qui serviront à établir les priorités dans l’avenir pour les activités de recherche en matière de santé des femmes autochtones.


RÉSUMÉ DES RÉSULTATS-CLÉS

Si les initiatives en matière de santé des femmes autochtones entreprises ou appuyées par les Centres d’excellence se caractérisent par la diversité de la méthodologie et de l’approche, elles sont tout aussi hétérogènes sur le plan des thèmes abordés et des idées présentées. En examinant les projets, cinq principaux thèmes se sont démarqués, soit l’état de santé des femmes autochtones, la violence et les abus sexuels, la toxicomanie et la santé maternelle, les comportements favorisant la santé et l’accès aux services.

Bien que toutes les initiatives entreprises ou financées par les Centres examinent des préoccupations–clés concernant les femmes autochtones, il faut entreprendre d’autres travaux dans certains domaines. En particulier, on doit prendre des mesures afin d’assurer que les méthodes de recherche soient clairement exprimées et respectent les multiples fardeaux des femmes autochtones; de concentrer l’attention sur les groupes de femmes autochtones dont les besoins et les préoccupations ont été sous-représentés dans d’autres projets de recherche; de veiller à ce que les initiatives tiennent compte de la diversité linguistique et culturelle des femmes autochtones. Dans le présent rapport, on a identifié d’autres problèmes, notamment le manque de fonds pour financer ou entreprendre la recherche en matière de santé des femmes autochtones et la nécessité d’assurer un bon suivi approprié. On a également mis en évidence l’importance de donner aux femmes autochtones le contrôle sur les recherches qui les touchent ainsi que la nécessité d’apporter des améliorations en matière de formation et d’occasions de réseautage pour les femmes autochtones effectuant de la recherche et de favoriser des partenariats et la collaboration entre les organismes autochtones et non autochtones.


RÉSUMÉ DES RECOMMANDATIONS

Pour promouvoir l’indigénisation du processus de recherche, on recommande aux Centres d’excellence pour la santé des femmes :

i. de définir clairement des options pour mener des travaux de recherche en matière de santé des femmes autochtones;

ii. de concert avec des chercheuses et chercheurs en matière de santé des femmes autochtones et les organisations autochtones concernées, d’élaborer les grandes lignes d’une stratégie visant à établir des collaborations et des partenariats équitables, durables et englobants; d’éduquer les chercheuses et chercheurs ainsi que les participantes et participants aux projets sur la recherche en matière de santé et les femmes autochtones;

iii. de concert avec les organismes autochtones et non autochtones concernés et avec le Bureau pour la santé des femmes de Santé Canada, d’élaborer une stratégie qui permet d’incorporer les histoires, les expériences et les connaissances en matière de santé des femmes autochtones dans un cadre analytique qui pourrait servir de «lentille» lorsqu’on effectue des travaux de recherche sur les femmes autochtones;

iv. de travailler avec les organisations autochtones et non autochtones concernées en vue de promouvoir un dialogue entre les chercheuses et chercheurs universitaires et communautaires et d’aborder les points en litige liés à la recherche en matière de santé des femmes autochtones, particulièrement en ce qui a trait à l’identité, à la culture et aux catégories sociales clés.

Pour faire participer les femmes autochtones dans le processus de recherche, on recommande aux Centres d’excellence pour la santé des femmes :

i. de reconnaître les multiples fardeaux des femmes autochtones, y compris un mauvais état de santé, la pauvreté, la violence, la toxicomanie, les soins aux enfants et une surveillance démesurée;

ii. d’encourager les chercheuses et chercheurs en matière de santé des femmes autochtones et les organismes autochtones et non autochtones concernés à travailler avec les femmes autochtones dans les collectivités afin de promouvoir la participation dans les projets de recherche; d’élaborer une stratégie pour remettre en perspective les questions afin de découvrir de nouvelles significations et de nouvelles mesures concernant les concepts théoriques et les problèmes intransigeants; de partager les approches en vue de mobiliser les femmes autochtones; d’identifier des structures de médiation qui renforceraient la recherche axée sur la collectivité

iii. de concert avec le Réseau canadien pour la santé des femmes, de coordonner la recherche et d’élaborer une politique en vue d’appuyer les groupes de femmes autochtones; de faire participer les chercheuses et chercheurs jugés aptes personnellement à travailler avec les femmes autochtones; de protéger les droits des chercheuses et chercheurs et des femmes autochtones; de miser sur le rôle de premier plan des femmes autochtones dans les questions liées à la santé au sein de leur collectivité; de reconnaître la capacité en évolution des femmes autochtones à mener des recherches; et de se montrer sensible aux divers groupes d’audiences;

iv. de travailler avec les chercheuses et chercheurs en matière de santé des femmes autochtones afin d’élaborer un outil analytique qui aiderait à établir des priorités en matière de recherche dans le domaine de la santé des femmes autochtones, de sorte qu’on puisse évaluer les conséquences de poser des gestes ou de ne pas en poser relativement à des questions clés de santé; d’examiner le paradigme douleur — santé — guérison qui renseigne sur la prestation de services de santé aux femmes autochtones;

v. de concert avec les Centres d’excellence pour la santé des femmes, le Bureau pour la santé des femmes de Santé Canada et d’autres ministères fédéraux pertinents, d’envisager la possibilité de tenir une réunion annuelle sur la recherche en matière de santé des femmes autochtones.

Pour se pencher sur les lacunes et les faiblesses dans la recherche en matière de santé des femmes autochtones, on recommande aux Centres d’excellence pour la santé des femmes :

i. de travailler avec les chercheuses et chercheurs en matière de santé des femmes autochtones et avec les organismes autochtones et non autochtones concernés afin de déterminer quand, comment et pourquoi les méthodes de recherches universitaires et communautaires devraient outrepasser, croiser ou coexister les unes avec les autres; d’identifier et de suivre les indicateurs de santé positifs; de favoriser le réseautage entre les chercheuses et chercheurs en matière de santé des femmes autochtones; de tirer profit des nouvelles technologies de l’information afin de diffuser et de partager les résultats de recherche; d’entreprendre des analyses en vue de comparer et de mettre en évidence les tendances, les questions et les solutions locales, régionales et internationales; d’établir des analyses en fonction du sexe et des analyses axées sur les Autochtones;

ii. de travailler avec les chercheuses et chercheurs en matière de santé des femmes autochtones en vue d’élaborer des méthodes qui tiennent compte de la culture; d’identifier des collectivités modèles telles qu’Alkalai Lake et Hollow Water;d’élaborer une base de connaissances des concepts et des principes clés autochtones (p. ex., le respect) qui peuvent être importants pour mener des recherches en matière de santé; de situer la recherche dans un contexte plus large aux plans social, économique, juridique et culturel; d’entreprendre des recherches qui tiennent compte de la diversité des femmes autochtones; de comprendre les implications de la médicalisation de la santé des femmes autochtones; de mener des recherches qui appuient les besoins des programmes à l’intention des femmes autochtones.

Préparé pour Les Centres d’excellence pour la santé des femmes Groupe de synthèse des recherches par Madeleine Dion Stout, Gregory D. Kipling et Roberta Stout

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Santé des Femmes Autochones: Projet de Synthèse des Recherches
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